Fruit de nos discussions
Livres lus en 2009
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La joueuse d’échecs – Bertina Henrichs – Livre de Poche
Ce
livre a été choisi au début de l’automne car, au même moment dans les
salles de cinéma était programmé « La joueuse » dont le scénario est
inspiré du livre de Bertina Henrichs. Dans le film le personnage
principal est interprété par Sandrine Bonnaire. L’occasion était
offerte de poursuivre les rapprochements livre/film comme cela s’était
fait quelques mois auparavant pour Caos Calme.
Bertina Henrichs,
l’auteur de ce roman, est allemande puis précise dans une lettre en
réponse aux questions posées par la personne qui présentait l’ouvrage
qu'elle est arrivée à Paris à 22 ans et écrit directement en français.
Elle a écrit pour le cinéma, actuellement termine son troisième roman
après avoir publié un policier « Le narcisse » écrit avec son mari
Philippe Vauvillé, roman qui deviendra certainement également bientôt
un film.
La joueuse d’échecs a été son premier roman, il a
rencontré un succès important dans toute l’Europe. Le récit se passe
dans l’île grecque de Naxos, dont les paysages sont décrits avec
beaucoup de délicatesse.
L’héroïne, femme de ménage dans un
hôtel va découvrir ce jeu grâce à un damier oublié par des clients
dont elle va faire tomber une pièce sans savoir où la remettre. L’envie
d’en savoir plus sur ce jeu s’empare d’elle, elle est conquise
lorsqu’elle comprend que la pièce maîtresse est la Reine, une figure
féminine alors que dans son île la femme est peu de chose, elle dépend
pour tout de l’homme, d’ailleurs si une femme transgresse les lois
établies et échoue c’est la condamnation et le bannissement.
A
ce livre a été attribué le qualificatif de « roman doux ». Il est vrai
qu’il n’y a pas vraiment de violence, seulement de la détermination.
Quelques
lectrices avaient trouvé cet ouvrage peu convaincant mais d’autres lui
ont trouvé un côté lumineux comme le soleil de Grèce et agréable à
découvrir entre deux livres compliqués |
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Une Promesse – Sorj Chalandon – Ed. Grasset
Avant
la réunion du club de lecture, des rumeurs circulaient. Ceux et celles
qui avaient commencé à lire ce « roman » s’étaient arrêtés un peu
rapidement….. La séance du premier samedi de novembre a été bien sûr
comme souvent, animée, les réactions négatives n’étaient pas
majoritaires. Il y a eu une présentation sobre, mais précise de
l’histoire, celle d’une famille bretonne frappée par la mort du père
lors d’un naufrage, la mère et les fils quittent le département
maritime pour venir s’installer dans les terres, en Mayenne. Une
grande amitié se noue dans le nouveau village, avec des personnes
marginales ou qui à un certain moment connaissent des problèmes
importants. Ces petits ou grands services permettent de se serrer les
coudes, et même aller jusqu’à aider l’un des amis à ne pas manquer une
« promesse » faite à un frère plus qu’aimé. Cette promesse faite
en commun consiste à aller entretenir la mémoire des défunts en se
rendant à leur maison pour y manifester un semblant de vie. Cette sorte
de pèlerinage quotidien est effectué avec plus ou moins de constance et
de sérieux durant dix mois par chacun des amis restés un peu comme
« orphelins ». L’une d’entre nous avait acheté son exemplaire
d’occasion via un site internet. Elle nous a lu un avis qui lui a été
transmis à cette occasion par la vendeuse du livre et nous l’avons reçu
comme une participation active à la discussion qui était engagée…. Le
voici : …. Si je peux apporter un modeste avis à votre club de
lecture, « Une Promesse » est un livre avec une ambiance très
particulière et (sans rien vous dévoiler de l’intrigue) avec une
histoire particulièrement touchante. Je vends parfois des livres qui ne
m’ont pas beaucoup apporté. « Une Promesse » me donne le sentiment
inverse. J’y ai repensé de nombreuses fois après avoir tourné la
dernière page. Je vous en souhaite une très bonne lecture….. Bonne lecture à votre tour, si ces quelques lignes ont pu vous convaincre que c’est un « bon » livre ! |
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American Darling – Russel Banks – Edit. Babel
Avant
que s’engage la discussion, il était judicieux que le roman de Russel
Banks soit résumé et même pour certains passages expliqué sans omettre
des références historiques et géographiques ni oublier d’évoquer les
attaches et les combats de l’auteur. American Darling entre tout à
fait dans l’actualité puisque à La Haye s’est ouvert et se poursuit le
procès de Charles Taylor devant le Tribunal Pénal International,
l’accusé comparait pour son implication dans ce qu’on appelle au
Libéria « La guerre des enfants ». Russel Banks a pour habitude de
faire évoluer ses personnages dans deux endroits, afin d’enrichir et de
faire mieux comprendre leur psychologie, et, les actions qui en
découlent, c’est en principe dans le nord est des Etats-Unis, d’une
part, et dans un pays tropical d’autre part, dans le cas présent en
Afrique (le Libéria). Le rêve de l’auteur de ce roman a toujours
été, aidé lorsqu’il était jeune par Nelson Algren, d’écrire un grand
roman de la vie en Amérique. Le livre va permettre de retrouver le
personnage principal sous les habits d’une combattante dans la fin des
années 1960, d’une épouse de diplomate libérien mais qui n’arrive pas à
s’intégrer à cette nouvelle famille, une mère d’enfants métisses
qu’elle voudrait qu’ils deviennent un jour de vrais Américains, enfin
en sauveur des chimpanzés auxquels elle veut, sans y parvenir, éviter
des expérimentations mortifères. Revenue de toutes ces expériences,
héritière d’un pactole non négligeable laissé par ses parents en
héritage, elle trouve finalement calme et vie « rangée » dans une ferme
du Vermont qu’elle va régir ou « régenter » avec doigté. Un roman ou
pas un roman, si ce livre a enchanté certains lecteurs il en a fait
réagir d’autres plus souvent négativement que positivement. C’était
l’occasion de connaître un auteur qui n’est jamais apparu sur la liste
depuis le début des rencontres organisées par l’Association des Usagers
de Carré d’Art, un écrivain américain reconnu de l’autre côté de
l’Atlantique depuis déjà longtemps. |
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Pas facile de voler des chevaux – Pet Petterson – Folio
Pour
cette séance de rentrée, le livre qui avait été choisi fait partie de
la littérature contemporaine norvégienne, l’histoire, certainement
réelle, se déroule entièrement en Norvège. C’est au moment de la
retraite que le narrateur retourne s’installer sur des lieux où il a
passé une partie de son enfance. Essayer de comprendre des événements
remplis de mystère au moment où ils se sont produits, au cours de son
enfance et de son adolescence, est le but de ce retour. Les images lui
reviennent même si elles reviennent dans le désordre, enfin le moment
du décryptage sera possible. Une écriture simple et poétique,
appréciée par la presque totalité des lecteurs, même si l’une ou
l’autre la trouvait trop simple. Dans ce pays d’immenses
forêts épaisses, où le nombre de jours de soleil est réduit les
habitants y sont des êtres de silence, mais également de grande force
de caractère, deux éléments qui leur permettent de pouvoir vivre la
solitude imposée par la nature. Les arbres qu’il faut abattre,
la rivière qu’il faut traverser, les pierres sur lesquelles il faudra
prendre appui, le courant qui conduira les trains d’arbres vers la
scierie, c’est cette nature que Pet Petterson sait magnifiquement
décrire. Le lecteur ne sait plus s’il est entrain de lire ou de
regarder un écran de cinéma. Enfin, l’explication du choix du
titre sera révélée dans les toutes dernières pages du roman alors qu’il
aurait pu s’expliquer dès les premières pages. Est-il possible d’écrire
à la fin d’un tel commentaire… un livre à recommander. |
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Le rapport de Brodeck – Philippe Claudel – Stock
C’est
le deuxième ouvrage de Philippe Claudel qui était proposé au club de
lecture. Le premier était « La petite fille de M. Lihn ». Malgré
le grand nombre et la diversité des personnages, des actions qui
pourraient se répartir facilement sur une grande partie d’un siècle, il
a été fait par celle qui avait choisi ce roman une étude très claire
du livre. Ensuite, chacune a pu parler du ressenti au cours de
la lecture de ce nouveau Philippe Claudel, parfois de son mal être,
certaines scènes sont tellement insoutenables ou au contraire du
bonheur grâce à la description d’un paysage verdoyant. Il y a le
personnage principal dont le nom est inclus dans le titre. Personnage
qui doit réaliser un rapport pour tenter d’éclaircir la place que
chaque villageois a tenue au cours des horreurs qui se sont passées à
cause de la guerre mais aussi de l’arrivée de l’étranger celui qui ne
s’habille pas comme les villageois, qui ne mange pas comme eux, la
haine qui va être développée à son encontre et par voie de conséquence
les drames et les exactions. Afin de donner peut-être un aspect
plus heureux à tous ces drames, Philippe Claudel introduit une nature
belle et sereine, des animaux qui donneront à ce récit l’aspect d’un
conte. Aucune des lectrices n’est restée indifférente, chacune
insistant sur la tendresse de la vieille nounou, la place tenue par le
curé du village ou par l’instituteur sans oublier l’amour pour ce
Brodeck marqué dès sa petite enfance. La séance n’avait pas lieu
à Carré d’Art mais dans la médiathèque de Marguerittes où nous avons
été reçues très amicalement. A ces quelques mots qui résument la
réunion de ce samedi de la mi-mai, ajoutons tous nos remerciements aux
bibliothécaires marguerittoises |
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Chaos calme – Sandro Veronesi – édit. Grasset
Toute
première expérience au club de lecture depuis dix ans bientôt qu’il
existe. Dominique qui présentait le livre l’avait choisi parce qu’au
moment des fêtes de fin d’année 2008, sortait en salles la version
filmée de ce roman italien. Souvent
les lecteurs préfèrent se plonger dans le livre et ensuite aller voir
et apprécier ce que l’œil d’un cinéaste en a tiré. Dans le cas présent,
c’est à l’envers qu’il a fallu procéder. Certaines aimeraient pouvoir
retourner au cinéma peut-être découvrir certains détails qui leur
avaient échappé. L’histoire
est bien celle d’un chaos, au moment où le personnage principal sauve
une femme qu’il ne connaît pas de la noyade, son épouse à quelques
centaines de mètres de la mer meurt subitement devant les yeux de leur
petite fille d’une dizaine d’années. Situation
assez improbable mais romantique, doublée par ce choix du veuf, juste
après l’enterrement de se raccrocher à sa fille en passant ses journées
devant son école. Il décide de cesser toute activité à un moment où une
fusion au sein de son entreprise est en train de se réaliser. Un huis
clos dans la voiture où il attend des journées entières vont permettre
à ses collègues, des habitués de la place où il se trouve et des
membres de sa famille de venir se confier comme le feront d’ailleurs
ses collègues qui à cause de cette fusion traversent également une
période difficile de leur vie. Au
milieu de tout ce chaos des adultes, les enfants représentent « le
calme » particulièrement la petite fille qui joue le jeu de son père
jusqu’au moment où elle décide que maintenant ça suffit la vraie vie
doit recommencer. De
jolies pages pleines d’humour, où sont brocardés les utilisateurs de
GPS ou les acheteurs d’ordinateurs qui croient avoir acquis une petite
merveille. Film et roman auxquels presque tous les membres du club ont adhéré dès la première page, d’autres avec plus de réticence. |
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Mariage à l’indienne - Kavita Daswani - Editions de Fallois
En
ce mois où le printemps pointe son nez, le livre choisi était un roman
ou un témoignage, c’est selon que l’on prend ce livre pour une histoire
inventée ou la vie de l’auteur ou de ses amies. Il a été peu
question du style de Mme Daswani, simple et plaisant à lire mais sans
grande originalité. Par contre, il a été question des problèmes
rencontrés, même en France, par les mères dont les filles ne sont pas
mariées à l’approche de la quarantaine. Le roman fait surtout
une part importante à la recherche assez frénétique par les parents
d’un époux pour leur fille toujours pas mariée à plus de vingt cinq
ans. Plusieurs fêtes de mariage sont rapportées par le menu, depuis les
jours qui précèdent, les vêtements, la fête elle-même avec force
détails sur les toilettes et les repas. L’héroïne est atypique,
puisqu’elle est partie travailler à New York. Elle s’est donc un peu
éloignée des jeunes gens restés en Inde et même de ceux qui sont
également installés aux États-Unis mais préfèrent épouser dans le
respect des traditions familiales. Parmi nous, une grande
voyageuse a eu la possibilité d’assister à un mariage à Accra. Son
récit était tout à fait proche de ce que nous avions lu. D’autres l’ont
vu comme un bel exemple de chick lit, un nouveau genre de roman, écrit
par de jeunes femmes pour des jeunes femmes, traitant de façon légère
la chasse au mari, le boulot, les relations familiales, la mode, la vie
mondaine … Une petite remarque : écrit par une femme, c’est un livre qui se révèle paradoxalement un peu antiféministe
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Jérémie ! Jérémie ! Dominique Fernandez – Ed. Seuil
C’est
un auteur français qui a eu les faveurs du club de lecture du mois de
février 2009. Sa biographie a été très détaillée, depuis ses premiers
ouvrages jusqu’à son élection à l’Académie Française en 2007. C’est
la recherche des origines de l’écrivain Alexandre Dumas qui va emmener
le lecteur jusqu’en Haïti en passant par Rome et Paris, car le
biographe cherche les moyens financiers pour atteindre l’Amérique et
pouvoir y rester suffisamment de temps pour faire une étude complète. Jérémie n’est pas un prénom, mais le nom du village dont est originaire la grand-mère de Dumas une esclave noire. Dominique
Fernandez est un fin spécialiste de l’art, de la peinture italienne et
ce n’est pas à Florence ou à Venise que nous sommes transportés mais à
Rome, dans l’église Saint Louis des Français où se trouve une œuvre du
Caravage «Le martyre de Saint Matthieu ». Dans ce roman
foisonnant nombreux sont les aspects qui sont abordés : le travail des
chercheurs à l’université, les problèmes de l’esclavage et ses suites
deux siècles après son abolition, les problèmes des O.N.G. et la vision
qu’en retiennent les autochtones, sans oublier l’homosexualité et la
collaboration qui est l’objet de son dernier livre, paru il y a
quelques semaines. Pour la majorité des lectrices de ce groupe,
ce roman était une découverte de cet auteur, par contre pour le petit
noyau qui restait c’était une lecture ou relecture d’un écrivain qui
plait parce qu’il écrit une jolie langue et fait toujours découvrir en
profondeur une œuvre peinte ou composée. Dans le cas présent, Alexandre
Dumas est un peu oublié ces dernières années, mais grâce à Dominique
Fernandez, c’est une excellente occasion de se replonger dans cette
œuvre si flamboyante. |
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La culasse de l’enfer - Tom Francklin (Livre de Poche)
La Culasse de l’Enfer se passe dans l’Alabama, à la fin du XIXème siècle, une trentaine d'années après la guerre de Sécession.
Tom
Franklin, jeune écrivain américain dont on parle beaucoup en ce moment,
a tiré son roman d’une histoire vraie. Les événements se passent dans
un petit village sudiste, Mitcham Beat. C'est dans cette région
sinistrée, dans les bois et au milieu des champs de coton, qu'un groupe
de jeunes hommes va semer la terreur, tuer, égorger tous ceux qui ne
voudront pas les rejoindre.
Nous avons trouvé l'histoire
passionnante, sa composition et son écriture parfaites. Les paysages
sont magnifiquement décrits, le moindre détail prend toute sa place
dans l'édifice, les tensions vont crescendo, jusqu'à l'intolérable.
Atmosphères et sentiments sont rendus avec talent. Chaque personnage
est analysé avec finesse et sans concession. Qu’il soit «bon» ou
«mauvais», la face inattendue de chacun est toujours très bien analysée.
Au
total, un roman dense dans lequel le lecteur se trouve comme englouti.
Parfois, la violence est si bien décrite qu’elle devient insupportable.
Une discussion intéressante s’est engagée à l'issue de la
présentation de la Culasse de l'Enfer, donnant envie à ceux qui
n’avaient pas eu le temps de terminer cet important roman de se
remettre à l'ouvrage ! |
Livres lus en 2008
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Le rêve le plus doux – Doris Lessing – Flammarion
Choisir
un livre de Doris Lessing pour le présenter à un club de lecture n’est
pas chose facile. Cette dame de la littérature anglaise, qui a reçu le
Prix Nobel en 2007, a publié une soixante d’ouvrages, presque tous
traitant de sujets politiques ou culturels.
La séance a débuté
par un regard sur la biographie de l’écrivain, important parce que
presque tout ce qu’elle a écrit est étroitement lié aux étapes de sa
vie, donc ses romans ont souvent un aspect autobiographique. Ils sont
aussi un témoignage de grande qualité sur son époque, qui est aussi, à
certains égards, la nôtre.
Le rêve le plus doux est
publié en Angleterre en 2001, et en France en 2004. Ces six cents
pages ne sont pas divisées en chapitres, seulement en deux parties, et
quelquefois on a l’impression de se fourvoyer dans ce flot de mots. La
première partie nous peint la vie des nombreux habitants d’une grande
maison à Londres dès années 60 jusque dans les années 90. Nous avons
bien reconnu le mode de vie et même certains des protagonistes évoqués
dans les pages du roman. On a aimé les personnages, pour la plupart
assez attachants, la description de la vie des quartiers de la capitale
anglaise, et du monde des journaux féminins traité avec beaucoup
d’humour.
La deuxième partie du roman se passe en Afrique, au
Zimbabwe après sa libération, et certains l’ont trouvée ennuyeuse,
simple litanie des problèmes de l’Afrique post-coloniale. Une chose est
sûre : dans l’ensemble de l’ouvrage, les femmes sont presque toutes
assimilées à des héroïnes du fait de leur générosité et de leur
engagement. C’est elles, selon Lessing, qui rendent la vie un tout
petit peu plus vivable. Les hommes, incapables de voir la réalité en
face, sont considérés comme des utopistes profiteurs de l’énergie
féminine. |
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Les cerfs volants de Kaboul – Khaled Hosseini Editions 10/18
Un
roman qui commence et se termine sur fond de concours de cerfs volants,
le titre met dans l’ambiance, même s’il a été noté qu’à l’origine, en
anglais il était plus proche de la réalité « The kite runner »
malheureusement presque intraduisible en français sans faire une longue
phrase.
Trois parties bien distinctes dans cet ouvrage trois
moments de la vie du héros, l’adolescence en première partie à Kaboul,
dans la société dirigeante, ensuite au début de l’âge adulte l’exil en
Amérique pour trouver la paix, mais à quel prix et enfin une trentaine
d’années plus tard le retour au pays.
Une histoire d’amitié, de
culpabilité, d’essai d’oubli puis au retour essai de rachat de la faute
commise dans sa jeunesse. Des secrets qui encombrent chaque génération
et provoquent des drames au jour de la révélation certaines pourront
être lavées à grands cris et grandes débauches d’action, mais pour
d’autres il sera trop tard, les protagonistes ne seront plus là.
Cet
ouvrage tout en agaçant par son « trop » de beaucoup de choses qui
auraient pu être évitées, a été bien apprécié, car bien écrit et
attachant |
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La table des enfants – Isabelle Hausser – Ed. de Fallois
Isabelle
Hausser n’est certainement pas la plus connue ni la plus lue des
romancières françaises de notre époque. Il est vrai que ce n’est pas sa
vocation première.
Tout d’abord plongée au cœur de la diplomatie
par les fonctions de son mari et ses fonctions personnelles, elle
étudie avec une acuité aigue les arcanes des lieux où ils vont se
trouver immergés dans le cadre de leurs nominations.
Pour ce
roman paru au tournant du nouveau siècle, le lecteur entre dans le
monde de la famille uniquement, sans rapport avec les affaires ou les
gouvernements. Sous forme policière, c’est l’originalité des deux
héroïnes… toutes deux sont auteurs de romans policiers. A l’annonce de
la mort de la fille dans un accident de la circulation, la mère va
tenter de découvrir la personnalité de sa fille loin d’elle depuis de
nombreuses années. |
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La vie mentie – Michel del Castillo – Fayard
Michel
del Castillo fait partie de ces écrivains dont chacun a au moins lu un
ouvrage. Une des raisons est qu’il a été édité alors qu’il n’avait que
24 ans et qu’il était très souvent invité dans les émissions
littéraires.
Le personnage que l’on pourrait appelé personnage
principal est sa grand-mère Vera, femme de volonté que l’auteur admire
et puis autour des vies que l’on pourrait dire trop vite terminées ou
effrangées.
Une image de la vie dans le monde de la publicité
qui pourrait faire frémir lorsque l’on n’en fait pas partie, mais dont
l’analyse est certainement juste si on la replace dans les vingt ou
trente dernières du siècle précédent.
Ce roman a été diversement
apprécié beaucoup aimé par certains et très critiqué par d’autres
lecteurs qui aimaient ses romans précédents et leur écriture plus
fouillée. |
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Les vies minuscules – Pierre Michon –
Pierre
Michon fait partie de ces écrivains qui déconcertent tout d’abord puis
envoûtent le lecteur à la manière d’un Marcel Proust. C’est ce qui
ressort de la présentation de l’une des œuvres de cet écrivain.
Vies
minuscules mais pas misérables. Ce sont des récits. Chacun d’eux est
violent et court. L’implication de l’auteur est dans chaque chapitre.
Pierre
Michon a tenté d’écrire mais n’est jamais satisfait, il se pense
incapable d’écrire et de parler des problèmes qui ont jalonné sa vie
et l’ont conduit par certains moments à une vraie déchéance physique
causée par l’alcool.
De très belles images de la vie rurale sont décrites lors de l’évocation d’un personnage ou d’un autre.
Lorsque le lecteur sort d’un pareil ouvrage il peut écrire en lettres majuscules « C’est la vraie vie » |
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A l’abri de rien - Olivier Adam – Editions de l’Olivier
Ce
roman est l’œuvre d’un jeune écrivain. Malgré ses seulement 34 ans,
Olivier Adam peut déjà aligner 6 ouvrages qui portent son nom sur un
rayonnage de bibliothèque. Il ne craint pas de traiter des sujets
graves et souvent noirs. Plusieurs de ces livres ont déjà été portés à
l’écran.
Cette fois, la ville dans laquelle se déroule
l’histoire est Calais, à une saison où le soleil ne brille pas, où de
nombreux étrangers se retrouvent chaque nuit avec l’espoir de trouver
un bateau ou un camion qui leur permettra d’arriver sur l’autre rive de
la Manche, le pays qu’ils espéraient atteindre, où on leur avait dit
qu’ils pourraient vivre « normalement », peut-être pour certains
retrouver des membres de leur famille déjà installés.
Marie,
l’héroïne principale est une jeune femme dépressive, qui a vécu un
drame familial, qui tout d’un coup veut faire quelque chose de sa vie
en aidant ces étrangers…. Sortir de son quotidien, quitte à tout
détruire et aussi détruire la vie de ceux qui l’entourent qu’ils soient
adulte comme son mari ou bien jeunes, ses enfants. Livre
présenté avec beaucoup de détails, et qui ensuite a suscité une
discussion très intéressante, certains s’appuyant sur le style,
d’autres plus sur le profil des personnages |
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Le témoignage est un combat (Une biographie de Germaine Tillion) - Jean Lacouture - Seuil - Librairie du XXème Siècle
Cet
ouvrage avait été choisi par le club de lecture pour permettre de
connaître ou mieux connaître Germaine Tillion qui vient de fêter ses
100 ans en 2007.
Cette femme
exceptionnelle a traversé le siècle, par contre sa biographie n'est pas
l'histoire du siècle. Elle va, à cause de ses études d'ethnologue et
des circonstances être amenée à devenir une experte de l'Algérie puis
être un témoin privilégié sur la déportation dans les procès qui se
tiendront après la seconde guerre mondiale, excepté le procès de
Nuremberg. En 1934, année où elle termine ses études, ses maîtres
Marcel Mauss et Louis Massignon, lui conseillent de partir en Algérie,
dans les Aurès pour étudier un peuple qui malgré la colonisation
française a conservé son mode de vie traditionnel. Elle travaille
énormément pendant 6 ans, c'est en 1940 qu'elle revient en France au
moment de la capitulation à la mi-juin. Sans attendre elle décide
d'agir, déjà là où elle est affectée, au Musée de l'Homme. Elle a
toujours besoin de comprendre, car si l'on comprend on est capable de
dominer une situation, même lorsqu'il s'agira de l'horreur des camps de
concentration. Elle sera déportée à Ravensbruck, fera partie de celles
qui se battent pour faire reconnaître les sévices que subissent, entre
autres, les polonaises que l'on mutile pour faire des expériences. En
1954 elle retourne en Algérie juste au moment du premier attentat
contre un instituteur. Elle ne reconnaît plus ce pays et en étudiant
constate sa clochardisation à cause de l'intensification de la vie
urbaine et le début des bidonvilles. Comme après la guerre 39/45, après
la guerre d'Algérie elle assistera aux procès pour comprendre, défendre
et expliquer. Elle analyse, en scientifique des sciences humaines,
toujours, avec beaucoup d'intelligence. Aujourd'hui encore, retirée en
Bretagne, elle est toujours visitée et consultée. Livre
auquel le lecteur pourrait reprocher trop de détails sur
l'environnement de Germaine Tillion et trop peu sur sa vie personnel |
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