Fruit de nos discussions
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La culasse de l’enfer – Tom Franklin (Livre de Poche)
La Culasse de l’Enfer se passe dans l’Alabama, à la fin du XIXème siècle, une trentaine d'années après la guerre de Sécession.
Tom
Franklin, jeune écrivain américain dont on parle beaucoup en ce moment,
a tiré son roman d’une histoire vraie. Les événements se passent dans
un petit village sudiste, Mitcham Beat. C'est dans cette région
sinistrée, dans les bois et au milieu des champs de coton, qu'un groupe
de jeunes hommes va semer la terreur, tuer, égorger tous ceux qui ne
voudront pas les rejoindre.
Nous avons trouvé l'histoire
passionnante, sa composition et son écriture parfaites. Les paysages
sont magnifiquement décrits, le moindre détail prend toute sa place
dans l'édifice, les tensions vont crescendo, jusqu'à l'intolérable.
Atmosphères et sentiments sont rendus avec talent. Chaque personnage
est analysé avec finesse et sans concession. Qu’il soit «bon» ou
«mauvais», la face inattendue de chacun est toujours très bien analysée.
Au
total, un roman dense dans lequel le lecteur se trouve comme englouti.
Parfois, la violence est si bien décrite qu’elle devient insupportable.
Une discussion intéressante s’est engagée à l'issue de la
présentation de la Culasse de l'Enfer, donnant envie à ceux qui
n’avaient pas eu le temps de terminer cet important roman de se
remettre à l'ouvrage ! |
Livres lus en 2008
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Le rêve le plus doux – Doris Lessing – Flammarion
Choisir
un livre de Doris Lessing pour le présenter à un club de lecture n’est
pas chose facile. Cette dame de la littérature anglaise, qui a reçu le
Prix Nobel en 2007, a publié une soixante d’ouvrages, presque tous
traitant de sujets politiques ou culturels.
La séance a débuté
par un regard sur la biographie de l’écrivain, important parce que
presque tout ce qu’elle a écrit est étroitement lié aux étapes de sa
vie, donc ses romans ont souvent un aspect autobiographique. Ils sont
aussi un témoignage de grande qualité sur son époque, qui est aussi, à
certains égards, la nôtre.
Le rêve le plus doux est
publié en Angleterre en 2001, et en France en 2004. Ces six cents
pages ne sont pas divisées en chapitres, seulement en deux parties, et
quelquefois on a l’impression de se fourvoyer dans ce flot de mots. La
première partie nous peint la vie des nombreux habitants d’une grande
maison à Londres dès années 60 jusque dans les années 90. Nous avons
bien reconnu le mode de vie et même certains des protagonistes évoqués
dans les pages du roman. On a aimé les personnages, pour la plupart
assez attachants, la description de la vie des quartiers de la capitale
anglaise, et du monde des journaux féminins traité avec beaucoup
d’humour.
La deuxième partie du roman se passe en Afrique, au
Zimbabwe après sa libération, et certains l’ont trouvée ennuyeuse,
simple litanie des problèmes de l’Afrique post-coloniale. Une chose est
sûre : dans l’ensemble de l’ouvrage, les femmes sont presque toutes
assimilées à des héroïnes du fait de leur générosité et de leur
engagement. C’est elles, selon Lessing, qui rendent la vie un tout
petit peu plus vivable. Les hommes, incapables de voir la réalité en
face, sont considérés comme des utopistes profiteurs de l’énergie
féminine. |
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Les cerfs volants de Kaboul – Khaled Hosseini Editions 10/18
Un
roman qui commence et se termine sur fond de concours de cerfs volants,
le titre met dans l’ambiance, même s’il a été noté qu’à l’origine, en
anglais il était plus proche de la réalité « The kite runner »
malheureusement presque intraduisible en français sans faire une longue
phrase.
Trois parties bien distinctes dans cet ouvrage trois
moments de la vie du héros, l’adolescence en première partie à Kaboul,
dans la société dirigeante, ensuite au début de l’âge adulte l’exil en
Amérique pour trouver la paix, mais à quel prix et enfin une trentaine
d’années plus tard le retour au pays.
Une histoire d’amitié, de
culpabilité, d’essai d’oubli puis au retour essai de rachat de la faute
commise dans sa jeunesse. Des secrets qui encombrent chaque génération
et provoquent des drames au jour de la révélation certaines pourront
être lavées à grands cris et grandes débauches d’action, mais pour
d’autres il sera trop tard, les protagonistes ne seront plus là.
Cet
ouvrage tout en agaçant par son « trop » de beaucoup de choses qui
auraient pu être évitées, a été bien apprécié, car bien écrit et
attachant |
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La table des enfants – Isabelle Hausser – Ed. de Fallois
Isabelle
Hausser n’est certainement pas la plus connue ni la plus lue des
romancières françaises de notre époque. Il est vrai que ce n’est pas sa
vocation première.
Tout d’abord plongée au cœur de la diplomatie
par les fonctions de son mari et ses fonctions personnelles, elle
étudie avec une acuité aigue les arcanes des lieux où ils vont se
trouver immergés dans le cadre de leurs nominations.
Pour ce
roman paru au tournant du nouveau siècle, le lecteur entre dans le
monde de la famille uniquement, sans rapport avec les affaires ou les
gouvernements. Sous forme policière, c’est l’originalité des deux
héroïnes… toutes deux sont auteurs de romans policiers. A l’annonce de
la mort de la fille dans un accident de la circulation, la mère va
tenter de découvrir la personnalité de sa fille loin d’elle depuis de
nombreuses années. |
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La vie mentie – Michel del Castillo – Fayard
Michel
del Castillo fait partie de ces écrivains dont chacun a au moins lu un
ouvrage. Une des raisons est qu’il a été édité alors qu’il n’avait que
24 ans et qu’il était très souvent invité dans les émissions
littéraires.
Le personnage que l’on pourrait appelé personnage
principal est sa grand-mère Vera, femme de volonté que l’auteur admire
et puis autour des vies que l’on pourrait dire trop vite terminées ou
effrangées.
Une image de la vie dans le monde de la publicité
qui pourrait faire frémir lorsque l’on n’en fait pas partie, mais dont
l’analyse est certainement juste si on la replace dans les vingt ou
trente dernières du siècle précédent.
Ce roman a été diversement
apprécié beaucoup aimé par certains et très critiqué par d’autres
lecteurs qui aimaient ses romans précédents et leur écriture plus
fouillée. |
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Les vies minuscules – Pierre Michon –
Pierre
Michon fait partie de ces écrivains qui déconcertent tout d’abord puis
envoûtent le lecteur à la manière d’un Marcel Proust. C’est ce qui
ressort de la présentation de l’une des œuvres de cet écrivain.
Vies
minuscules mais pas misérables. Ce sont des récits. Chacun d’eux est
violent et court. L’implication de l’auteur est dans chaque chapitre.
Pierre
Michon a tenté d’écrire mais n’est jamais satisfait, il se pense
incapable d’écrire et de parler des problèmes qui ont jalonné sa vie
et l’ont conduit par certains moments à une vraie déchéance physique
causée par l’alcool.
De très belles images de la vie rurale sont décrites lors de l’évocation d’un personnage ou d’un autre.
Lorsque le lecteur sort d’un pareil ouvrage il peut écrire en lettres majuscules « C’est la vraie vie » |
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A l’abri de rien - Olivier Adam – Editions de l’Olivier
Ce
roman est l’œuvre d’un jeune écrivain. Malgré ses seulement 34 ans,
Olivier Adam peut déjà aligner 6 ouvrages qui portent son nom sur un
rayonnage de bibliothèque. Il ne craint pas de traiter des sujets
graves et souvent noirs. Plusieurs de ces livres ont déjà été portés à
l’écran.
Cette fois, la ville dans laquelle se déroule
l’histoire est Calais, à une saison où le soleil ne brille pas, où de
nombreux étrangers se retrouvent chaque nuit avec l’espoir de trouver
un bateau ou un camion qui leur permettra d’arriver sur l’autre rive de
la Manche, le pays qu’ils espéraient atteindre, où on leur avait dit
qu’ils pourraient vivre « normalement », peut-être pour certains
retrouver des membres de leur famille déjà installés.
Marie,
l’héroïne principale est une jeune femme dépressive, qui a vécu un
drame familial, qui tout d’un coup veut faire quelque chose de sa vie
en aidant ces étrangers…. Sortir de son quotidien, quitte à tout
détruire et aussi détruire la vie de ceux qui l’entourent qu’ils soient
adulte comme son mari ou bien jeunes, ses enfants. Livre
présenté avec beaucoup de détails, et qui ensuite a suscité une
discussion très intéressante, certains s’appuyant sur le style,
d’autres plus sur le profil des personnages |
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Le témoignage est un combat (Une biographie de Germaine Tillion) - Jean Lacouture - Seuil - Librairie du XXème Siècle
Cet
ouvrage avait été choisi par le club de lecture pour permettre de
connaître ou mieux connaître Germaine Tillion qui vient de fêter ses
100 ans en 2007.
Cette femme
exceptionnelle a traversé le siècle, par contre sa biographie n'est pas
l'histoire du siècle. Elle va, à cause de ses études d'ethnologue et
des circonstances être amenée à devenir une experte de l'Algérie puis
être un témoin privilégié sur la déportation dans les procès qui se
tiendront après la seconde guerre mondiale, excepté le procès de
Nuremberg. En 1934, année où elle termine ses études, ses maîtres
Marcel Mauss et Louis Massignon, lui conseillent de partir en Algérie,
dans les Aurès pour étudier un peuple qui malgré la colonisation
française a conservé son mode de vie traditionnel. Elle travaille
énormément pendant 6 ans, c'est en 1940 qu'elle revient en France au
moment de la capitulation à la mi-juin. Sans attendre elle décide
d'agir, déjà là où elle est affectée, au Musée de l'Homme. Elle a
toujours besoin de comprendre, car si l'on comprend on est capable de
dominer une situation, même lorsqu'il s'agira de l'horreur des camps de
concentration. Elle sera déportée à Ravensbruck, fera partie de celles
qui se battent pour faire reconnaître les sévices que subissent, entre
autres, les polonaises que l'on mutile pour faire des expériences. En
1954 elle retourne en Algérie juste au moment du premier attentat
contre un instituteur. Elle ne reconnaît plus ce pays et en étudiant
constate sa clochardisation à cause de l'intensification de la vie
urbaine et le début des bidonvilles. Comme après la guerre 39/45, après
la guerre d'Algérie elle assistera aux procès pour comprendre, défendre
et expliquer. Elle analyse, en scientifique des sciences humaines,
toujours, avec beaucoup d'intelligence. Aujourd'hui encore, retirée en
Bretagne, elle est toujours visitée et consultée. Livre
auquel le lecteur pourrait reprocher trop de détails sur
l'environnement de Germaine Tillion et trop peu sur sa vie personnel |
Livres lus en 2007
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Du côté de chez Swann – Marcel Proust – Livre de Poche
Grâce à une présentation aussi érudite que brillante chacun a découvert ou redécouvert le génie de Proust.
Marcel Proust est né en 1871 au début du Second Empire, il est mort en 1922 peu après la première guerre mondiale.
L’œuvre de Proust effraie nombre de lecteurs. Les raisons sont multiples pour rester en dehors de l’œuvre de cet écrivain. Il s’est tissé tout autour de cette écriture comme un filet pour en faire une œuvre difficile, comme réservée aux initiés à un petit cercle.
En réalité Proust lui-même bute au début de sa carrière, sur le sujet même de ce qu’il va dire… grande question « De quoi vais-je parler ? »
Mais, lorsque qu’il en prend le temps, le lecteur est vite captivé par l’émotion et l’intelligence du texte. Les cinq sens sont sollicités en une seule phrase.
Cet écrivain, aujourd’hui traduit et connu dans le monde entier, a été, au début édité par Grasset à compte d’auteur.
Les inconditionnels de Proust ont bien sûr été heureux, de pouvoir partager leur enthousiasme, les autres membres du club ont été aussi très heureux de pouvoir aborder cette littérature avec des clefs pour mieux la comprendre et l’apprécier
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Le pianiste – Manuel Vasquez-Montalban – Point Seuil
Roman choisi pour le mois de novembre 2007, il y a une raison toute particulière, l’Association des Usagers de Carré d’Art organise le 22 du même mois une conférence sur le thème de « La traduction ». La conférencière est « Michèle Gazier » traductrice en français de presque toute l’œuvre de cet écrivain espagnol dont cet ouvrage.
Ce livre comporte trois parties bien distinctes dans le temps mais également en ce qui concerne la vie et les réactions des héros, face aux événements politiques auxquels ils sont confrontés, leurs vies seront bouleversées, prendront un chemin chaotique ou linéaire.
La première partie se passe dans un huis clos de la Barcelone des années 1980, au moment de la préparation de l’anniversaire d’un gros industriel. Partie un peu difficile à démêler en raison du nombre important de personnages, et les héros principaux ne se distinguent pas dès les premières pages.
La seconde partie au contraire, se déroule dehors, à l’air libre, sur les terrasses de la capitale catalane, c’est le petit peuple qui cherche un instrument pour le pianiste qui vient de sortir de prison. Des Barcelonais peu riches qui connaissent tous des difficultés matérielles mais aiment s’amuser, faire de la musique, et se mêlent peu souvent, sauf en cas de nécessité, à ceux qui marchent et courent dans les rues de la ville.
Enfin, la dernière partie, moins passionnante pour nombre de lecteurs revient sur la jeunesse des protagonistes, à Paris, au moment du front populaire et du début de la guerre d’Espagne. Chacun va prendre un chemin, ou celui de l’action politique ou celui du retrait et de la soumission aux événements.
Livre riche et intéressant, destiné particulièrement aux Espagnols qui ont obligatoirement opté pour un côté ou l’autre de la société. L’auteur enfant dans la seconde partie du livre y apparaît sous les traits d’un petit garçon.
Le second roman qui était proposé « Teresa l’après midi » de Juan Marsé n’a pas été lu par tous les membres du club de lecture, mais certains de ceux qui l’avaient lu l’ont préféré au Pianiste.
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L’élégance du hérisson - Muriel Barbery – Gallimard
Ce titre énigmatique, l’auteur nous en donne l’explication à la page 153 du roman : Mme Michel, (l’héroïne principale, concierge de son état) elle a l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes
Le choix de ce mois d’octobre a permis une discussion intéressante entre les inconditionnels du livre, les tièdes et les franchement agacés non pas par le style auquel tous ont reconnu de grandes qualités mais plutôt par le choix des personnages et leur vécu si peu vraisemblable.
Muriel Barbery est une amoureuse de la grammaire, et prend beaucoup de plaisir semble-t-il à jouer avec les mots.
Dans cet immeuble cossu de la rue de Grenelle à Paris, chacun a un rôle à jouer et personne ne doit sortir de la place qui lui est dévolue…. En réalité chacun dévoilera aux autres locataires ou propriétaires très tard son véritable personnalité.
Enfin il a été reconnu à l’auteur une grande particularité elle ne pourra pas, comme nombre de ses collègues écrivains, imaginer une suite, son héroïne principale ne survit pas à la dernière page du roman.
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L’attentat – Yasmina Khadra – Pocket
L’auteur du roman choisi pour la rentrée de septembre 2007 n’est pas une femme même si le prénom est trompeur, c’est un homme né dans le Sahara algérien en 1955.
Bien qu’il se soit découvert très jeune un goût pour la littérature, afin de ne pas désobéir à son père, il devient militaire. Carrière qu’il abandonnera au bout de quelques années pour être uniquement écrivain ce qu’il est toujours.
L’attentat est le premier volet d’une trilogie, aujourd’hui, complètement éditée, les deux autres œuvres ont pour titres Les hirondelles de Kaboul et Les sirènes de Bagdad.
L’histoire de L’attentat est celle d’un chirurgien arabe, Amine, parfaitement intégré dans la société israélienne, au début roman, un attentat vient d’être commis dans un « fast food » où des enfants fêtent un anniversaire. Quelques heures plus tard, le héros découvre que c’est son épouse qui est le kamikaze.
A partir de cette découverte, Amin commence une enquête pour essayer de comprendre pourquoi et comment son épouse a pu tenir le premier rôle dans cette horreur, entrer dans un tel engrenage. Mille questions sont posées, chaque lecteur peut être intéressé plus par l’une ou par l’autre. Est-ce un roman d’amour certainement oui, un roman sur la violence oui aussi, mais aussi sur l’humiliation. Enfin, un roman sans espoir dans lequel Amin sera tué deux fois, psychologiquement par l’implication de sa femme dans un premier attentat et physiquement dans un second attentat.
Une discussion très intéressante s’est engagée dans laquelle chacune et chacun a apporté sa petite pierre, pas sa petite bombe.
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« Neige » Orhan Pamuk – Gallimard
Choisir, un tel titre pour un club de lecture de juin à Nîmes pourrait paraître quelque peu cocasse. C’est tout d’abord l’auteur qui avait été retenu, il a reçu le Prix Nobel de Littérature 2006. Son pays d’origine présentait aussi un intérêt : la Turquie au moment où une entrée éventuelle de cette nation dans l’Union Européenne suscite des discussions passionnées et passionnantes.
Orhan Pamuk a tout juste 55 ans et vit le plus souvent à Istanbul, diplômé en architecture et journalisme il a passé quelques années aux Etats-Unis. Il lutte pour la défense des droits de l’homme, dénonçant la politique de son pays à l’égard des Kurdes et jouant la mouche du coche au sujet de la reconnaissance du massacre des Arméniens au début du XXème siècle. Pour tous ces engagements, il est régulièrement menacé de mort, dans ces moments, il trouve refuge aux Etats-Unis.
Ses romans traitent de l’actualité ou dans de sujets historiques tels «Le château blanc » sur la confrontation des savoirs entre un Turc et un Vénitien au XVIIème siècle, « Mon nom est rouge » polar dans le monde des peintres du XVIème siècle, d’une part et « Istanbul » son dernier roman autobiographique dans lequel Orhan Pamuk compare l’évolution de la ville où il vit et sa vie personnelle.
« Neige » fait partie des romans fondés sur l’actualité. Sont traités d’un côté le problème des jeunes filles voilées qui dans ce pays laïc sont interdites de cours à l’université et c’est pour cette raison que plusieurs d’entre elles se sont suicidées dans une petite ville d’Anatolie (Kars), et d’un autre côté dans cette même ville les élections municipales provoquent des tensions très importantes ente les partisans de la laïcité et les religieux les amis d’hier deviennent des ennemis aujourd’hui. Ces questions sont vues par un Turc qui a émigré en Allemagne et ne comprend plus son pays d’origine.
Ce livre a été apprécié pour l’écriture de grande qualité, le sujet traité avec beaucoup de sincérité et permis à plusieurs des lecteurs d’entrer dans l’esprit de ces problèmes qui sont souvent traités trop rapidement à la télévision ou dans les journaux.
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L’auteur ! L’auteur ! – David Lodge – Editions Rivage Le tour d’écrou – Henry James – Le livre de Poche
L’ouvrage de David Lodge a été diversement apprécié. Est-ce parce qu’il avait pour sujet Henry James un écrivain considéré comme difficile et parfois ennuyeux ?
James est cependant agréablement présenté dans son entourage, sa famille et ses amitiés. Parmi ses amis sont particulièrement étudiés ses rendez-vous et jugements sur la famille Du Maurier. Il a aussi des rapports très forts avec sa sœur et sa nièce qui portaient le même prénom Alice. Bien que James ne se soit jamais marié et n’ait semble-t-il pas eu de liaison, les femmes sont très présentes dans sa vie.
Lodge présente sur 80 pages, avec beaucoup de brio la journée de l’auteur avant la générale de sa pièce de théâtre, l’angoisse, l’espoir d’une bonne critique, mais aussi la nécessité de se faire discret, de rester loin de ceux et celles qui vont monter et jouer l’oeuvre.
Le tour d’écrou pourrait être considéré comme un roman fantastique ou comme un roman où tout est mystère, et le mystère n’est pas où il semble être au début... une étude psychologique poussée mais qui garde même après le point final tout son secret.
Grâce à ces deux ouvrages proposés pour la même séance du club de lecture, il a été possible d’aborder la littérature du tout début du XXème siècle, en Angleterre à l’époque victorienne et ce qu’un écrivain environ cent ans plus tard peut en dire.
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Alphonse – Akli Tadjer - Pocket
Tout d’abord, qui est Akli Tadjer ? C’est un kabyle né à Paris, qui longtemps a préféré les bandes dessinées aux programmes scolaires, jusqu’au au jour où il découvre Céline et Le voyage au bout de la nuit ainsi que Rachid Mimouni. Afin d’allier écriture et mobylette, il devient coursier dans un journal hippique.
Et puis, il est devenu écrivain, son cinquième roman « Bel avenir » vient tout juste de paraître.
Le héros du roman choisi pour la réunion du 31 mars, est un petit parisien maghrébin pour qui tout semble bien aller jusqu’au moment où sa mère entre à l’hôpital. Son père décide de l’envoyer dans la famille d’un oncle dans le nord de la France. Il découvre un racisme rampant, il devra changer son prénom arabe en prénom européen, faire attention à ce qu’il dit et qu’il fait.
Avec un vocabulaire spécial loin des formes académiques, est contée cette expérience de quelques mois quarante ans plus tard au moment de retrouvailles avec l’une de ses cousines.
Le club de lecture des Usagers de Carré d’Art a été rejoint pour cette séance par une dizaine de membres de l’Association Coup de Soleil à l’origine d’un prix de littérature maghrébine, Alphonse était un des sept ouvrages sélectionnés pour la saison 2007. La discussion a été animée et s’est concentrée en partie sur le vécu des immigrés. |
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Madame Bâ Erik Orsenna - Ed Fayard / Stock
Erik Orsenna nous raconte dans ce roman, une histoire d’aujourd’hui, histoire autour de laquelle il met tous les ingrédients pour faire un roman agréable à lire et à suivre tout au long de ses 500 pages.
Madame Bâ est une Malienne Soninké, mais sa vie, depuis le moment de sa naissance est déjà un roman. Sa mère va accoucher dans une situation peu banale, sa position dans le ventre de sa mère fait croire qu’elle est un garçon… devenue adulte, elle épouse par amour un homme d’une autre ethnie un Peul. Elle est instruite, son grand père était forgeron de plus combattant de la « Grande Guerre » au Chemin des Dames, son père était « presque » ingénieur. Une demande de visa va constituer la trame de cette histoire dont les chapitres vont suivre les différentes lignes du formulaire à remplir, c’est ce qui va permettre de raconter l’histoire de cette femme depuis sa naissance jusqu’au moment où elle essaie de gagner la France comme clandestine, sa demande de visa ayant été refusée. A cette époque elle est grand-mère d’un garçon « Michel » qui a été choisi par des recruteurs de futurs footballeurs. Il part pour la France, au début tout se passe bien, elle reçoit régulièrement des nouvelles… puis son inquiétude est grande lorsque depuis plusieurs mois il ne donne plus signe de vie…. il lui faut absolument le rejoindre ou se rendre près de lui.
Ce livre a permis une discussion intéressante, certains ont été rebutés par ce moyen de décrire la vie et les problèmes des Maliens du Mali et de ceux de Montreuil, d’autres lecteurs se sont pris au jeu.
Certains d’entre nous ont fait un ou plusieurs voyages au Mali ou vécu dans d’autres pays d’Afrique noire. Tous ont retrouvé les coutumes et réactions des personnages qu’ils avaient rencontrés dans la réalité.
Un ouvrage qui ne laisse pas indifférent.
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La chute de Madrid – Rafaël Chirbes – Editions Rivages
Rafaël Chirbes est né en 1949. Il est journaliste et critique littéraire. Venu tard au monde de la littérature, son oeuvre cherche à être le reflet de la société espagnole.
Ce roman raconte les 12 heures qui ont précédé l’annonce officielle de la mort de Franco, le 19 novembre 1975. Ce temps va être ramené à ce qui se passe dans une famille madrilène.
Ce jour là, chez les Ricart, on prépare une réception pour les 75 ans du chef de famille José, propriétaire d’une entreprise de meubles florissante. Le lecteur entre dans l’intimité des membres de la famille, des domestiques ainsi que des invités à cette soirée. Au total, 20 personnages et chacun sera le personnage central d’un chapitre.
Sont évoqués et analysés le présent et le passé depuis les événements qui ont conduit à la prise du pouvoir par Franco. Ce jour-là, tous imaginent l’avenir. Certains ont une peur physique de l’instabilité, d’autres ont peur des représailles au regard de leur attitude pendant toutes ces années de répression.
Chirbes réussit le tour de force de rendre ces hommes et ces femmes attachants, quoi qu’ils aient fait.
Ce roman, écrit bien après les événements, tient compte de ce qui est advenu depuis en Espagne… une transition douce vers une monarchie moderne
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Livres lus en 2006
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La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier - Ed. Gallimard
Fascinée par ce tableau de Vermeer, Tracy Chevalier, n'a certainement pas été la seule depuis que cette œuvre a été peinte par le maître de Delt. Ce roman est une fiction à laquelle on aimerait croire. Une jeune fille devient la servante de cet homme reconnu, tout d'abord pour une bonne cause: donner plus d'aisance à sa famille, en effet son père faïencier ne plus travailler suite à un terrible accident qui l'a rendu aveugle, d'autre part pour une raison qui pourrait paraître futile : lorsque Vermeer vient la recruter, elle arrange les légumes avant de les faire cuire avec un goût certain pour les couleurs et les nuances. L'écrivain(e) trace un magnifique tableau de la vie de Delt au 17ème siècle, portrait des familles riches et pauvres, rapports entre ces deux pans de la société, vêtements portés par les uns pas par les autres ... parmi les éléments de la place que chacun doit tenir l'exemple le plus frappant est cette perle qui apporte toute la lumière au fameux tableau et sera dix ans après l'œuvre, l'objet d'un malentendu. Vermeer laisse en héritage à la jeune fille cette paire de boucles d'oreille, elle choisira de la vendre plutôt que de porter ce bijou réservé aux dames de la haute société dont elle ne fera jamais partie même si elle s'est élevée dans la hiérarchie par son mariage. La discussion a été heureusement agrémentée par une présentation de l'ensemble des œuvres de Vermeer. Si une lectrice a regretté que l'on se permette de romancer l'Histoire, il est tout de même heureux que cet ouvrage ait permis de découvrir ou redécouvrir "La Joconde du nord".
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La prisonnière des Sargasses – (titre original – Wide Sargasso Sea)
Jean Rhys – Ed. Gallimard
« Jean » c’est le prénom anglais d’une femme née à la Dominique en 1890 de père Gallois, de mère Dominicaine. Après avoir quitté la Dominique pour l’Angleterre à l’âge de 16 ans, elle devient artiste de scène, fréquente une sorte de demi-monde à Paris, Londres, Vienne, Bruxelles. Elle contractera plusieurs mariages malheureux, puis sombrera dans l’alcoolisme et mourra en 1979.Son succès littéraire est tardif. Elle commence la rédaction du roman, objet de la rencontre de février du club de lecture, en 1957. Rédaction qui durera neuf ans jusqu’à sa publication en 1966. Le livre obtient un grand succès, et toute son œuvre antérieure est vite rééditée .Tous ses livres sont en grande partie autobiographiques. On y trouve l’enfance antillaise, la solitude des exils, les amours difficiles, l’insécurité économique, la peur, la presque-folie et les refuges dans l’alcool. La Prisonnière des Sargasses raconte l’histoire d’Antoinette Cosway, une créole blanche qui grandit à la Jamaïque, avant son mariage arrangé désastreux avec un anglais. Emprisonnée dans un manoir en Angleterre, elle finit par devenir folle. En effet, le roman ne prend tout son sens que lu en parallèle avec Jane Eyre, de Charlotte Brontë. Jean Rhys raconte une autre version de la première Mrs Rochester, la folle enfermée dans le grenier de Jane Eyre, et en même temps fait une critique forte de la colonisation britannique et de la société patriarcale. C’est aussi un tableau précis et fouillé de l’Angleterre au moment où elle abandonne ses terres coloniales et leurs habitants.
Mais même ceux qui n’ont pas fait le lien avec Jane Eyre ont trouvé le livre envoûtant et angoissant. Il évoque avec beaucoup de finesse les tropiques, leurs couleurs, leur moiteur, leur chaleur, région dont la haine raciale met en scène à chaque instant la menace et la noirceur. Jean Rhys dépeint une héroïne, amoureuse de la liberté, qui refuse les contraintes du colonialisme et du sexisme.
Un écrivain qu’il faut découvrir ou redécouvrir à travers cette œuvre. |
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Médée - Christa Wolf -Stock
Le livre choisi pour le premier club de lecture de l'année 2006 n'est ni un conte, ni le livret d'un opéra reprenant le mythe de la femme colchidienne venue de Corinthe, mais un roman autobiographique publié en 1983. Dans cette œuvre, Christa Wolf est Médéze. Ecrivain(e) née en Poméranie en 1929, dans une famille sympathisante nazi. Au début des années 1950, elle rencontre un rescapé des camps, le récit de cette période de la vie de cet homme, la fait changer radicalement d'opinion, elle opte pour le communisme et adhère à ce parti. Au moment de la chute du mur de Berlin elle va revenir en partie sur ses certitudes. Elle va connaître une période difficile. Son œuvre est contestée et elle-même est mal reçue par ses anciens amis. C'est d'ailleurs loin de l'Allemagne qu'elle écrit ce livre : en Floride.
Ce roman composé de chapitres assez courts laisse s'exprimer tous les protagonistes de l'histoire de Corinthe origine du mythe de Médée. Par exemple, comment se règlent les problèmes de succession à la tête d'une ville ou d'un royaume. Les sociétés tribales sont vues par plusieurs personnages, hommes et femmes. De même qu'est évoquée la nécessité à certains moments que soient exécutés des meurtres rituels lorsqu'un nouveau chef arrive. Christa Wolf, la féministe, condamne le patriarcat et la propriété privée deux causes, pour elle, de la décadence de cette société.
Médée est présentée comme le bouc émissaire, la victime expiatoire, et non comme dans d'autres œuvres, l'assassin de son frère et de ses jumeaux.
Livre diversement apprécié, certains ont regretté manquer de repères à la mythologie grecque, d'autres ont été déconcertés par plusieurs réflexions de l'auteur. Après la discussion intéressante, laissons à Christa Wolf le dernier mot "J'écris sur ce qui m'inquiète" |
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Chers disparus - Claude Pujade Renaud - Actes Sud - 2004
Ce sont les récits de cinq veuves d'écrivains du 19ème siècle : Jules Michelet, Robert Louis Stevenson, Marcel Schwob, Jules Renard et Jack London. Leurs veuves respectives se prénomment Athénaïs, Fanny, Marguerite et Charmian. C'est un roman original, intéressant à plusieurs niveaux.Certains lecteurs ont été attirés par l'intérêt biographique, ces maîtres de la littérature du I9ème étant révélés sous une autre lumière que celle des biographies officielles, grâce à l'astucieuse utilisation de leurs journaux intimes par Claude Pujade Renaud. D'autres étaient impressionnés par les personnalités, très constrastés des cinq femmes qui ont souvent vécu une sorte de purgatoire dans leur vie de couple. Le livre n'a pas plu à tout le monde. Le corps, dans la sexualité et dans la maladie, est très présent dans ces récits et certains n'ont pas pu réconcilier l'image qu'ils avaient de ces femmes du 19ème avec les personnages qui parlent dans les pages de Pujade Renaud. Mais tout le monde était d'accord sur l'art de l'écrivain, qui a réussi à donner à chacune des femmes une voix distincte, parfois amusante, souvent émouvante et presque toujours tout à fait inattendue. |
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Mr vertigo - Paul Auster -Actes sud
Qui n'a pas rêvé de voler, pouvoir réaliser ce rêve vieux de milliers d'années ? Paul Auster, écrivain américain en a fait un roman paru au début des années I990. Un récit foisonnant où s'entremêlent personnages, lieux et projets souvent fous. Malheureusement, malgré une belle imagination, les héros sont peu crédibles. L'ascèse demandée par Yehudi à son protégé est difficilement plausible. Au début on est pris par l'histoire, mais à chaque rebondissement dans l'intrigue, c'est l'argent qui commande et fait perdre sensibilité et intérêt aux personnages. Paul Auster s'il s'est emporté dans le tourbillon de la vie américaine, de l'eldorado, du far west, il n'en a pas moins décrit avec beaucoup de précision et d'intérêt l'atmosphère des petites villes américaines des années 30, oubliant pour une fois son lieu de prédilection et de vie : New York.
Un roman qui a suscité des réactions vives et intéressantes.
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Révolutions - Jean-Marie Gustave Le Clezio - Gallimard
Le titre de ce roman est-il vraiment une énigme ? L'écrivain va-t-il raconter les révolutions traversées par sa famille depuis 1792 (le soldat de la bataille de Valmy) ou va-t-il faire le chemin inverse, vers le , vers le village breton d'où est parti son ancètre Jean Eudes l'aventurierr ? Révolution sous ses deux sens : changement soudain de situation ou mouvement en courbe fermé.
Les rendez-vous de la mémoire avec une vieille tante presque aveugle en haut de la Kataviva, immeuble assez délabré de Nice, vont permettre au lecteur d'entrer dans la biographie de quatres générations d'une famille. Entre ces rencontres Jean expose les étapes de sa vie faite de ruptures ^ cause de la seconde guerre mondiale, ses parents se sont trouvés séparés par des milliers de kilom?ètres, de choix difficiles choisir au moment de la guerre d'Algérie,partir en Amérique du Sud pour la coopération, des changements soudains ..., des Révolutions.
Derrière une musique du texte et des mots,désordre de la mémoires, patchwork des itinéraires, il y a urgence:la santé de sa tante est mauvaise, son père se meurt, et, sans l'écriture, les hommes et femmes qui ont vécu sur ces lieux disparaissent à jamais.
Un roman qu'il faut lire malgré la nostalgie qu'il dégage, mais surtout grâce à l'espoir qui renaît dans les dernières pages. |
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Le tour du monde en 80 jo |
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