Pendant
l'année nous avons lu ou allons lire les livres suivants
Année 2010 > samedi 9 janvier ................. : séance annulée pour cause d'intempéries
> samedi 6 février .................. : "La maison du retour " deJean Paul Kauffmann - Folio > samedi 6 mars ..................... : "Le deuxième sexe" de Simone de Beauvoir - Folio > samedi 10 avril .................... : "Noir est l'arbre des souvenirs bleu clair" de Rosetta Loy - Albin Michel > samedi 5 juin ....................... : "Au-delà des illusions" de Duong Thu Huong - Picquier > samedi 4 septembre ............: "La surprise de vivre " de Jeanne Galzy - Gallimard > samedi 2 octobre..................: "Retour en terre" de Jim Harrison - 10/18
Nous nous retrouverons à l'auditorium, au niveau -1 de la Médiathéque Carré d'Art, à partir de 10H30
Compte-rendu des livres lus en 2009-2010

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Noir est l’arbre des souvenirs, bleu le ciel - Rosetta Loy - Albin Michel
N’est-il pas inutile de préciser que le livre proposé ce mois-ci invitait chaque lecteur, lectrice à répondre à deux questions, La première : qui est Rosetta Loy ? car peu nombreux étaient les membres du club de lecture à connaître le nom de cette romancière italienne vivante, née en 1931, qui a publié son premier ouvrage en 1974, mais ne s’est pas arrêtée de publier depuis. La seconde : quel genre de livre se cachait derrière un tel titre, la longueur et son passage de l’ombre à la lumière entre les deux parties du vers. Car, il est bien question d’un vers d’un poème de Sylvia Plath « Arbres d’hiver ». C’est un récit et un roman. Récit qui raconte l’histoire de la famille Loy, des bourgeois romains, le père a une entreprise de construction et se trouve ruiné à la fin de la guerre 1939/45, certains membres ne comprennent pas le changement de situation financière, les autres, la deuxième génération comprend ce qui arrive. C’est aussi un roman qui raconte la vie des différents enfants, leurs choix, leurs engagements opposés, les garçons et les filles de la famille également le jeune précepteur, sans oublier les amoureux et amoureuses, puis ce qu’ils sont devenus une fois que la vie en Italie a repris son cours et que commence la reconstruction. L’Histoire tient une place importante dans cet ouvrage, mêlée à l’histoire de chacun des protagonistes, particulièrement dans le chapitre consacré à l’expérience de Marcello dans la guerre de Libye. Malgré les situations dramatiques, humour et même légèreté sont présents. Il serait injuste de ne pas mentionner que l’auteur n’oublie pas de remercier celui qui lui a permis de retracer sans erreur le déroulement des événements.. Un ouvrage à conseiller à qui aime un livre « bien écrit » qui permet d’entrer dans l’intimité d’une famille et même les contradictions d’un peuple.
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Le deuxième sexe – Simone de Beauvoir - Gallimard
Le livre « classique » proposé et accepté pour l’année 2009/2010 n’est ni un roman, ni une biographie, ni….. mais un essai. Un essai publié il y a tout juste 60 ans. Inutile de préciser qu’il est l’œuvre de la philosophe Simone de Beauvoir née en 1908, agrégée à 21 ans. Cet essai est comme un accident de parcours, la réponse à un défi proposé par son compagnon Jean Paul Sartre. C’est à la lecture du premier des deux tomes de cette œuvre que le club de lecture s’est attaché plus particulièrement. Simone de Beauvoir présente avec beaucoup de sérieux et de précision les différents aspects du sexe féminin, appelé « l’Autre » presque tout au long du volume, à côté du sexe masculin. Certaines avaient lu « Le deuxième sexe » au moment de mai 68, il avait même été pour l’une d’entre nous objet de cadeau d’un futur époux alors encore, fiancé. La lecture demande une certaine attention, parfois la lassitude vient non pas à cause de l’écriture très agréable mais plutôt parce que références et détails sont si nombreux. La discussion a, peut-être un peu trop dévié sur les problèmes rencontrés par les femmes en 2010, mais n’était-ce pas un peu la raison pour laquelle un tel choix avait été fait…. Un tel livre est-il obsolète ou toujours d’actualité ? Cette lecture a permis de montrer que Simone de Beauvoir incite à lire des livres édités actuellement tels : "L'histoire des femmes en occident" de Michelle Perrot et Geoges Duby, une somme de 5 volumes ( l'Antiquité, le Moyen-Age, XVI-XVIIème siècle, XIXème sicle et XXème) "Masculin / Féminin " de Françoise Héritier chez Odile Jacob.(le tome 1 s'intitule"la pensée de la différence " et le tome 2 "dissoudre la hiérarchie". " Le livre noir de la condition des femmes" dirigé par Christine Ockrent, coordonné par Sandrine Treiner, avec la collaboration de 40 contributeurs. XO Editions.
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La Maison du Retour – Jean Paul Kauffmann – Editions NIL
Dans l’édition originale, avant qu’il paraisse en poche, la couverture permet au lecteur d’entrer dès avant la première ligne dans le livre, une photo de la forêt landaise, des pins aux troncs verticaux. Jean Paul Kauffmann a divisé l’ouvrage qui compe 296 pages en chapitres courts, il y en a 41. Chaque lecture ou relecture est l’occasion de découvrir que, si le livre paraît optimiste la première fois, à la seconde lecture, les mots qui évoquent la captivité de l’ex otage au Liban sont nombreux, reviennent dans tous les chapitres.
Ce livre pourrait être considéré comme un éloge de la lenteur. La lenteur pour trouver cette maison, la lenteur des travaux faits seulement par deux ouvriers alors que la remise en état ou plus vraisemblablement la mise aux normes modernes demande énormément de travail. A la lenteur correspond également l’évocation de la nature, cette nature qui a presque été choisie spécialement par le nouveau propriétaire. Dans ses évocations des arbres, fleurs et tout ce qui l’entoure, J.P.K a été par certaines comparé à Colette dans ses premiers romans. Les termes employés sont toujours justes, mais parfois, les mots rares qu’ils désignent des personnes, des animaux ou des plantes ont été une source d’une sorte de rejet par certaines lectrices, ralentissant la lecture. Les mots mais aussi les références de toutes sortes témoignent de l’érudition de cet écrivain.
Est-ce que la promotion des romans de JPK n’a pas été assez importante, un certain nombre des membres du club de lecture ne les connaissaient pas, JPK restait le journaliste qui avait été envoyé au Liban et était resté otage plus de trois ans, époque où il n’était pas seul journaliste dans ce cas. Le journaliste dont la libération était passée en boucle toute une soirée, Il y a tout de même un point que certains lecteurs ont considéré comme négatif. C’est l’attitude de l’homme face à ses proches et aux autres qu'il croise dans cette aventure de la restauration de la « maison de retour ». L'auteur aime bien sa solitude, et il analyse assez froidement les gens qui vont et viennent chez lui, non sans humour, mais avec de la distance. On peut se demander si c'est facile après une telle épreuve de vivre à nouveau dans le monde de ceux qui n’ont pas connu l’enfermement, les peurs et les angoisses quotidiennes de jour comme de nuit.
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La joueuse d’échecs – Bertina Henrichs – Livre de Poche
Ce
livre a été choisi au début de l’automne car, au même moment dans les
salles de cinéma était programmé « La joueuse » dont le scénario est
inspiré du livre de Bertina Henrichs. Dans le film le personnage
principal est interprété par Sandrine Bonnaire. L’occasion était
offerte de poursuivre les rapprochements livre/film comme cela s’était
fait quelques mois auparavant pour Caos Calme.
Bertina Henrichs,
l’auteur de ce roman, est allemande puis précise dans une lettre en
réponse aux questions posées par la personne qui présentait l’ouvrage
qu'elle est arrivée à Paris à 22 ans et écrit directement en français.
Elle a écrit pour le cinéma, actuellement termine son troisième roman
après avoir publié un policier « Le narcisse » écrit avec son mari
Philippe Vauvillé, roman qui deviendra certainement également bientôt
un film.
La joueuse d’échecs a été son premier roman, il a
rencontré un succès important dans toute l’Europe. Le récit se passe
dans l’île grecque de Naxos, dont les paysages sont décrits avec
beaucoup de délicatesse.
L’héroïne, femme de ménage dans un
hôtel va découvrir ce jeu grâce à un damier oublié par des clients
dont elle va faire tomber une pièce sans savoir où la remettre. L’envie
d’en savoir plus sur ce jeu s’empare d’elle, elle est conquise
lorsqu’elle comprend que la pièce maîtresse est la Reine, une figure
féminine alors que dans son île la femme est peu de chose, elle dépend
pour tout de l’homme, d’ailleurs si une femme transgresse les lois
établies et échoue c’est la condamnation et le bannissement.
A
ce livre a été attribué le qualificatif de « roman doux ». Il est vrai
qu’il n’y a pas vraiment de violence, seulement de la détermination.
Quelques
lectrices avaient trouvé cet ouvrage peu convaincant mais d’autres lui
ont trouvé un côté lumineux comme le soleil de Grèce et agréable à
découvrir entre deux livres compliqués. |
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Une Promesse – Sorj Chalandon – Ed. Grasset
Avant
la réunion du club de lecture, des rumeurs circulaient. Ceux et celles
qui avaient commencé à lire ce « roman » s’étaient arrêtés un peu
rapidement….. La séance du premier samedi de novembre a été bien sûr
comme souvent, animée, les réactions négatives n’étaient pas
majoritaires. Il y a eu une présentation sobre, mais précise de
l’histoire, celle d’une famille bretonne frappée par la mort du père
lors d’un naufrage, la mère et les fils quittent le département
maritime pour venir s’installer dans les terres, en Mayenne. Une
grande amitié se noue dans le nouveau village, avec des personnes
marginales ou qui à un certain moment connaissent des problèmes
importants. Ces petits ou grands services permettent de se serrer les
coudes, et même aller jusqu’à aider l’un des amis à ne pas manquer une
« promesse » faite à un frère plus qu’aimé. Cette promesse faite
en commun consiste à aller entretenir la mémoire des défunts en se
rendant à leur maison pour y manifester un semblant de vie. Cette sorte
de pèlerinage quotidien est effectué avec plus ou moins de constance et
de sérieux durant dix mois par chacun des amis restés un peu comme
« orphelins ». L’une d’entre nous avait acheté son exemplaire
d’occasion via un site internet. Elle nous a lu un avis qui lui a été
transmis à cette occasion par la vendeuse du livre et nous l’avons reçu
comme une participation active à la discussion qui était engagée…. Le
voici : …. Si je peux apporter un modeste avis à votre club de
lecture, « Une Promesse » est un livre avec une ambiance très
particulière et (sans rien vous dévoiler de l’intrigue) avec une
histoire particulièrement touchante. Je vends parfois des livres qui ne
m’ont pas beaucoup apporté. « Une Promesse » me donne le sentiment
inverse. J’y ai repensé de nombreuses fois après avoir tourné la
dernière page. Je vous en souhaite une très bonne lecture….. Bonne lecture à votre tour, si ces quelques lignes ont pu vous convaincre que c’est un « bon » livre !
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American Darling – Russel Banks – Edit. Babel
Avant
que s’engage la discussion, il était judicieux que le roman de Russel
Banks soit résumé et même pour certains passages expliqué sans omettre
des références historiques et géographiques ni oublier d’évoquer les
attaches et les combats de l’auteur. American Darling entre tout à
fait dans l’actualité puisque à La Haye s’est ouvert et se poursuit le
procès de Charles Taylor devant le Tribunal Pénal International,
l’accusé comparait pour son implication dans ce qu’on appelle au
Libéria « La guerre des enfants ». Russel Banks a pour habitude de
faire évoluer ses personnages dans deux endroits, afin d’enrichir et de
faire mieux comprendre leur psychologie, et, les actions qui en
découlent, c’est en principe dans le nord est des Etats-Unis, d’une
part, et dans un pays tropical d’autre part, dans le cas présent en
Afrique (le Libéria). Le rêve de l’auteur de ce roman a toujours
été, aidé lorsqu’il était jeune par Nelson Algren, d’écrire un grand
roman de la vie en Amérique. Le livre va permettre de retrouver le
personnage principal sous les habits d’une combattante dans la fin des
années 1960, d’une épouse de diplomate libérien mais qui n’arrive pas à
s’intégrer à cette nouvelle famille, une mère d’enfants métisses
qu’elle voudrait qu’ils deviennent un jour de vrais Américains, enfin
en sauveur des chimpanzés auxquels elle veut, sans y parvenir, éviter
des expérimentations mortifères. Revenue de toutes ces expériences,
héritière d’un pactole non négligeable laissé par ses parents en
héritage, elle trouve finalement calme et vie « rangée » dans une ferme
du Vermont qu’elle va régir ou « régenter » avec doigté. Un roman ou
pas un roman, si ce livre a enchanté certains lecteurs il en a fait
réagir d’autres plus souvent négativement que positivement. C’était
l’occasion de connaître un auteur qui n’est jamais apparu sur la liste
depuis le début des rencontres organisées par l’Association des Usagers
de Carré d’Art, un écrivain américain reconnu de l’autre côté de
l’Atlantique depuis déjà longtemps. |
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Pas facile de voler des chevaux – Pet Petterson – Folio
Pour
cette séance de rentrée, le livre qui avait été choisi fait partie de
la littérature contemporaine norvégienne, l’histoire, certainement
réelle, se déroule entièrement en Norvège. C’est au moment de la
retraite que le narrateur retourne s’installer sur des lieux où il a
passé une partie de son enfance. Essayer de comprendre des événements
remplis de mystère au moment où ils se sont produits, au cours de son
enfance et de son adolescence, est le but de ce retour. Les images lui
reviennent même si elles reviennent dans le désordre, enfin le moment
du décryptage sera possible. Une écriture simple et poétique,
appréciée par la presque totalité des lecteurs, même si l’une ou
l’autre la trouvait trop simple. Dans ce pays d’immenses
forêts épaisses, où le nombre de jours de soleil est réduit les
habitants y sont des êtres de silence, mais également de grande force
de caractère, deux éléments qui leur permettent de pouvoir vivre la
solitude imposée par la nature. Les arbres qu’il faut abattre,
la rivière qu’il faut traverser, les pierres sur lesquelles il faudra
prendre appui, le courant qui conduira les trains d’arbres vers la
scierie, c’est cette nature que Pet Petterson sait magnifiquement
décrire. Le lecteur ne sait plus s’il est entrain de lire ou de
regarder un écran de cinéma. Enfin, l’explication du choix du
titre sera révélée dans les toutes dernières pages du roman alors qu’il
aurait pu s’expliquer dès les premières pages. Est-il possible d’écrire
à la fin d’un tel commentaire… un livre à recommander.
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Le rapport de Brodeck – Philippe Claudel – Stock
C’est
le deuxième ouvrage de Philippe Claudel qui était proposé au club de
lecture. Le premier était « La petite fille de M. Lihn ». Malgré
le grand nombre et la diversité des personnages, des actions qui
pourraient se répartir facilement sur une grande partie d’un siècle, il
a été fait par celle qui avait choisi ce roman une étude très claire
du livre. Ensuite, chacune a pu parler du ressenti au cours de
la lecture de ce nouveau Philippe Claudel, parfois de son mal être,
certaines scènes sont tellement insoutenables ou au contraire du
bonheur grâce à la description d’un paysage verdoyant. Il y a le
personnage principal dont le nom est inclus dans le titre. Personnage
qui doit réaliser un rapport pour tenter d’éclaircir la place que
chaque villageois a tenue au cours des horreurs qui se sont passées à
cause de la guerre mais aussi de l’arrivée de l’étranger celui qui ne
s’habille pas comme les villageois, qui ne mange pas comme eux, la
haine qui va être développée à son encontre et par voie de conséquence
les drames et les exactions. Afin de donner peut-être un aspect
plus heureux à tous ces drames, Philippe Claudel introduit une nature
belle et sereine, des animaux qui donneront à ce récit l’aspect d’un
conte. Aucune des lectrices n’est restée indifférente, chacune
insistant sur la tendresse de la vieille nounou, la place tenue par le
curé du village ou par l’instituteur sans oublier l’amour pour ce
Brodeck marqué dès sa petite enfance. La séance n’avait pas lieu
à Carré d’Art mais dans la médiathèque de Marguerittes où nous avons
été reçues très amicalement. A ces quelques mots qui résument la
réunion de ce samedi de la mi-mai, ajoutons tous nos remerciements aux
bibliothécaires marguerittoises. |
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Chaos calme – Sandro Veronesi – édit. Grasset
Toute
première expérience au club de lecture depuis dix ans bientôt qu’il
existe. Dominique qui présentait le livre l’avait choisi parce qu’au
moment des fêtes de fin d’année 2008, sortait en salles la version
filmée de ce roman italien. Souvent
les lecteurs préfèrent se plonger dans le livre et ensuite aller voir
et apprécier ce que l’œil d’un cinéaste en a tiré. Dans le cas présent,
c’est à l’envers qu’il a fallu procéder. Certaines aimeraient pouvoir
retourner au cinéma peut-être découvrir certains détails qui leur
avaient échappé. L’histoire
est bien celle d’un chaos, au moment où le personnage principal sauve
une femme qu’il ne connaît pas de la noyade, son épouse à quelques
centaines de mètres de la mer meurt subitement devant les yeux de leur
petite fille d’une dizaine d’années. Situation
assez improbable mais romantique, doublée par ce choix du veuf, juste
après l’enterrement de se raccrocher à sa fille en passant ses journées
devant son école. Il décide de cesser toute activité à un moment où une
fusion au sein de son entreprise est en train de se réaliser. Un huis
clos dans la voiture où il attend des journées entières vont permettre
à ses collègues, des habitués de la place où il se trouve et des
membres de sa famille de venir se confier comme le feront d’ailleurs
ses collègues qui à cause de cette fusion traversent également une
période difficile de leur vie. Au
milieu de tout ce chaos des adultes, les enfants représentent « le
calme » particulièrement la petite fille qui joue le jeu de son père
jusqu’au moment où elle décide que maintenant ça suffit la vraie vie
doit recommencer. De
jolies pages pleines d’humour, où sont brocardés les utilisateurs de
GPS ou les acheteurs d’ordinateurs qui croient avoir acquis une petite
merveille. Film et roman auxquels presque tous les membres du club ont adhéré dès la première page, d’autres avec plus de réticence. |
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Mariage à l’indienne - Kavita Daswani - Editions de Fallois
En
ce mois où le printemps pointe son nez, le livre choisi était un roman
ou un témoignage, c’est selon que l’on prend ce livre pour une histoire
inventée ou la vie de l’auteur ou de ses amies. Il a été peu
question du style de Mme Daswani, simple et plaisant à lire mais sans
grande originalité. Par contre, il a été question des problèmes
rencontrés, même en France, par les mères dont les filles ne sont pas
mariées à l’approche de la quarantaine. Le roman fait surtout
une part importante à la recherche assez frénétique par les parents
d’un époux pour leur fille toujours pas mariée à plus de vingt cinq
ans. Plusieurs fêtes de mariage sont rapportées par le menu, depuis les
jours qui précèdent, les vêtements, la fête elle-même avec force
détails sur les toilettes et les repas. L’héroïne est atypique,
puisqu’elle est partie travailler à New York. Elle s’est donc un peu
éloignée des jeunes gens restés en Inde et même de ceux qui sont
également installés aux États-Unis mais préfèrent épouser dans le
respect des traditions familiales. Parmi nous, une grande
voyageuse a eu la possibilité d’assister à un mariage à Accra. Son
récit était tout à fait proche de ce que nous avions lu. D’autres l’ont
vu comme un bel exemple de chick lit, un nouveau genre de roman, écrit
par de jeunes femmes pour des jeunes femmes, traitant de façon légère
la chasse au mari, le boulot, les relations familiales, la mode, la vie
mondaine … Une petite remarque : écrit par une femme, c’est un livre qui se révèle paradoxalement un peu antiféministe |
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Jérémie ! Jérémie ! Dominique Fernandez – Ed. Seuil
C’est
un auteur français qui a eu les faveurs du club de lecture du mois de
février 2009. Sa biographie a été très détaillée, depuis ses premiers
ouvrages jusqu’à son élection à l’Académie Française en 2007. C’est
la recherche des origines de l’écrivain Alexandre Dumas qui va emmener
le lecteur jusqu’en Haïti en passant par Rome et Paris, car le
biographe cherche les moyens financiers pour atteindre l’Amérique et
pouvoir y rester suffisamment de temps pour faire une étude complète. Jérémie n’est pas un prénom, mais le nom du village dont est originaire la grand-mère de Dumas une esclave noire. Dominique
Fernandez est un fin spécialiste de l’art, de la peinture italienne et
ce n’est pas à Florence ou à Venise que nous sommes transportés mais à
Rome, dans l’église Saint Louis des Français où se trouve une œuvre du
Caravage «Le martyre de Saint Matthieu ». Dans ce roman
foisonnant nombreux sont les aspects qui sont abordés : le travail des
chercheurs à l’université, les problèmes de l’esclavage et ses suites
deux siècles après son abolition, les problèmes des O.N.G. et la vision
qu’en retiennent les autochtones, sans oublier l’homosexualité et la
collaboration qui est l’objet de son dernier livre, paru il y a
quelques semaines. Pour la majorité des lectrices de ce groupe,
ce roman était une découverte de cet auteur, par contre pour le petit
noyau qui restait c’était une lecture ou relecture d’un écrivain qui
plait parce qu’il écrit une jolie langue et fait toujours découvrir en
profondeur une œuvre peinte ou composée. Dans le cas présent, Alexandre
Dumas est un peu oublié ces dernières années, mais grâce à Dominique
Fernandez, c’est une excellente occasion de se replonger dans cette
œuvre si flamboyante. |
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