Pendant
l'année nous avons lu ou allons lire ces livres
Année 2012 > samedi 7 janvier .......... : "Expiation" de Ian Mc Ewan, Gallimard Folio > samedi 4 février ........... : "Paris est fête" d'Ernest Hemingway - Poche ou Gallimard, édition revue et complétée
> samedi 10 mars ............: "Les Disparus" de Daniel Mendelson, Flammarion
> samedi 7 avril ................: "Guerre du Temps" d'Alejo Carpentier - Gallimard ou Folio bilingue
> samedi 12 mai .............. : "L'Appel du Pivert Royal" d'Arnaldo Correo - Editions singulières
> samedi 9 juin...................: "Colette, une certaine France" de Michel del Castillo, associé à La Maison de Claudine - Poche
Nous nous retrouverons à l'auditorium, au niveau -1 de la Médiathéque Carré d'Art, à partir de 10H30
   
Compte-rendu des livres lus en 2011
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Seul dans Berlin de Hans Fallada
Nous avons apprécié Seul dans Berlin, même si l’horreur des événements racontés rendait quelquefois la lecture difficile. Pour certains, le roman réveillait des souvenirs du lavage du cerveau qui mène les gens à accepter des dictateurs. D’autres ont reconnu dans l’ambiance à Berlin, si bien décrit par Fallada, la même peur qui rôdait en Espagne sous la dictature de Franco.
Ce roman nous montre la vie de toutes sortes de gens ordinaires, à Berlin, pendant la guerre, parmi eux des dissidents. Chez Fallada, il ne s’agit pas de résistants héroïques qui laissent leur trace dans l’histoire, mais des gens presque invisibles, dont les actes de résistance n’ont aucun effet sur le régime. On ne peut guère éviter de se poser la question : qu'est-ce que moi, j'aurais fait dans les mêmes circonstances?
C’était aussi intéressant d’apprendre que la première édition en français est sortie en 1967, époque d’une nouvelle relation de rapprochement entre la France et l’Allemagne.
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Albert Camus, Le premier homme Gallimard folio 1994, 220 p.
La
présentation de ce livre a rappelé les circonstances de l’élaboration
du manuscrit et de son inachèvement par suite de l’accident qui a
entraîné la mort d’Albert Camus le 4 janvier 1960. Puis, en confrontant
le récit de Camus à la biographie de l’auteur par Herbert R. Lotman, on
a pu apercevoir que le récit ne reflétait qu’imparfaitement la vie
réelle de Camus, tout en en reprenant les principaux éléments. La
discussion a mis en valeur la qualité littéraire du texte, sa force
émotive, la précision dans la description de l’existence en milieu
populaire, le rôle de l’école dans la promotion ultérieure du jeune
Albert Camus, la vérité de certaines notations (absence de passé chez
bien des colons qui conduisait chacun de ceux-ci à être en somme un «
premier homme »). Elle a aussi permis d’apercevoir que le projet de
Camus était beaucoup plus ambitieux puisque le récit devait se
poursuivre jusqu’à la période contemporaine de sa vie et constituer une
sorte de bilan de celle-ci. Enfin dans ce récit affleure la guerre
d’Algérie alors non terminée et qui constitua pour Camus, née dans la
population de petits colons français, la source d’un douloureux
déchirement.
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La reconstruction Eugène Green – Editions Actes Sud
L’ouvrage
proposé pour le mois d’octobre est un premier roman, œuvre d’un
écrivain qui a dépassé soixante ans et qui jusque là s’est consacré au
théâtre et au cinéma. Il a créé une troupe l’équivalent des Arts
Florissants de William Christie en musique, Eugène Green veut que les
acteurs adoptent en scène la diction du temps où les pièces de théâtre
ont été créées comme en musique, William Christie fait construire des
instruments d’époque et jouer les œuvres correspondantes comme au temps
où elles ont été créées. Le titre, c’est le problème auquel les
héros sont confrontés…. chacun va « reconstruire » ce sera un pays, une
vie lorsque l’on n’en connaît que des bribes, un passé dont on avait
oublié certains détails parfois importants, enfin suite à la découverte
de détails cachés pouvoir se reconstruire une identité. Grâce au
journal écrit devant le lecteur par le héros de ce roman, professeur de
littérature à la Sorbonne, et seulement en quelques jours et moins de
deux cents pages se reconstruisent les quarante dernières années de sa
vie, entre le moment où, encore étudiant, il quitte la France pour
partir en Allemagne après les événements de mai 1968 et le jour où il
écoute sur son répondeur téléphonique, la demande de rendez-vous d’un
Allemand de son âge qu’il ne connaît pas mais dont le père au moment où
il débarquait sans le sou à Munich a accepté de l’héberger. Le livre
très critiqué par la majorité des membres du club de lecture a été
l’occasion de discussions assez âpres. Eugène Green se moque sans s’en
cacher du corps enseignant, surtout de ses recherches de la nouveauté
pour la nouveauté quitte à être incompréhensible pour les non initiés. Les
visites de Jérôme Lafargue à ses parents dans leur pavillon de
banlieue, sont l’occasion de parler avec beaucoup de réalisme, mais
aussi de sensibilité de la maladie d’Alzheimer. Enfin, l’origine
tchèque de son épouse est l’occasion d’une étude fouillée et originale
des problèmes vécus depuis tout au long du XXe siècle par son peuple
ballotté entre des gouvernements et des langues différents dont la
cause principale est la situation géographique au centre de l’Europe de
la Tchécoslovaquie. Un problème hante Eugène Green, celui du Bien et
du Mal, celui qui a fait le Mal à un moment n’a qu’un souci chercher à
faire le Bien.
Françoise Dangel |
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« Le jour avant le bonheur » de Erri De Luca
C’est
la deuxième fois et à neuf ans de distance que notre club de lecture
propose une œuvre de l’écrivain Erri De Luca, né à Naples en 1950. «
Le jour avant le bonheur » publié en Italie en 2009 puis en France en
2010 et traduit par Danièle Valin, se situe à Naples dans l’Italie de
l’après guerre. C’est le récit d’un triple parcours, d’une quête qui
mène à la connaissance de soi et rend libre et ce à travers le parcours
de trois personnages intimement liés dans l’histoire comme dans
l’écriture de ce roman. C’est d’abord le récit d’une initiation, celle
d’un jeune orphelin sans racines familiales et de surcroît sans nom ni
prénom, surnommé « ‘a scigna », le singe à cause de son habileté à
grimper aux balcons pour récupérer les ballons perdus par l’équipe de
football de son quartier. Ce personnage parvenu après plusieurs rites
de passage –sentiment amoureux, découverte de la nature, sexualité,
liberté etc - jusqu’à l’âge adulte va porter la narration sous sa forme
autobiographique de 1943 à 1960. « ‘A scigna » va vivre sous l’efficace
protection d’un deuxième personnage, dont le parcours dans la vie ,lui,
va prendre fin : Don Gaetano, concierge et conscience de l’immeuble,
homme généreux et accompli qui va se substituer au père absent et
l’aider à devenir un homme. Ces deux personnages sont intimement liés
dans le récit et parler de l’un revient souvent à parler de l’autre,
comme si Don Gaetano n’était dans le temps que le devenir d’«’a scigna
». Il s’agit d’un beau personnage aussi bien dans sa symbolique
humaine de passeur que dans son épaisseur romanesque. Enfin le
troisième personnage et non des moindres qui apparaît en toile de fond
tout au long du roman, qui est là aussi vu à travers un parcours, c’est
la ville de Naples avec ses bas fonds qui sentent « l’odeur de la
misère, acide et enfumée », ses quais, sa vie secrète et nocturne et
bien sûr son peuple. Il s’agit là, crée par Erri De Luca, d’un
véritable personnage bien vivant, au dialecte savoureux qui dans sa
quête de liberté sait dire « mo basta » et prendre son destin en main
lors de l’insurrection de l’été 1943 contre les nazis dégageant ainsi
le terrain à l’arrivée des Américains. Ce roman a été dans
l’ensemble apprécié par les lecteurs de notre club de lecture non
seulement parce qu’il s’agit d’une histoire simple avec des personnages
bien définis mais également à cause de la composition et du style
d’Erri De Luca ; dans ce récit la langue est simple, la poésie qui
prend ici sa source dans le concret est évidente (scène de l’école et
du buvard par exemple). La narration à la première personne rend
l’identification possible et enfin il y a eu, de l’avis de nos
lecteurs, le plaisir né du mélange de gravité et de légèreté des
scènes ; le récit est en effet parsemé de pensées graves sur la guerre,
la pauvreté mais aussi et surtout de scènes légères, cocasses qui
ponctuent avec efficacité le roman et où l’humour très présent permet
de mettre à distance ces moments graves et libère le lecteur des
passages trop émouvants.
Jeanne Vidal
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"3 femmes puissantes" de Marie N'Diaye Ce
livre a obtenu le prix Goncourt en 2009. Marie N4Diaye e au son premier
livre édité "Quant au riche avenir" alors qu'elle avait 17 ans et
était
en terminale. Cette publicationlui permettra de rencontrer Jean
Yves Cendrey, son futur mari et futur écrivain. Elle partira en
résidence à Barcelone, à la ville Médicis, à Rome, à Berlin. Elle y vit
actuellement avec sa famille, elle a trois enfants.Plutôt
que de résumer les trois histoires de vie de Norah, Fanta et Khady qui
forment le roman, j'ai préféré essayer de retrouver ce qui les relie.
D'abord toutes les vies se passent au Sénégal, tout ou partie. Des noms
reviennent : Dara Salam, le village de vacances qu'à voulu construire
Abel Descas, le père de Rudy et qu'a exploité le père de Norah ;
Reubeuss, prison où se trouve Sony et où est mort Abel Descas. Khady,
sujet de la 3ème histoire, est la cousine de Fanta. Elle est la
servante quis'occupe des jumelles, filles de Sony.
Les
Oiseaux : le père de Norah se transforme en vautour, qui dort dans le
flamboyant.. La buse attaque Rudy, le suit. Quand Rudy l'écrase
involontairement avec sa voiture, il se produit une libération de Rudy
par rapport à son père qui avait assassiné son associé sénégalais en
l'écrasant avec sa voiture... Khady voit des corbeaux, des mouettes,
des choucas et quand elle meurt, son âme s'envole en oiseau.La
connaissance : les trois femmes luttent pour accéder à la connaissance
: Norah pour devenir avocate, Fanta, passant de son état d'arachides au
statut d'enseignante, Khady en glanant toutes les informaions
nécessaires à son exode.La
solitude
: de Norah, qui après que le démon se soit assis sur son
ventre, construit sa vie malggé la détestation de son père et le
malheur de sa mère. La solitude de Fanta, qui arrive à passer de son
bidonville de Colobane au statut de professeur, ainsi que la solitude
de son exil en France. La solitude de Khady, la plus absolue : enfant
confiée à sa grand-mère qui n'a plus revu ses parents, veuve sans
enfant, car d'aucune valeur reconnue, migrante miséreuse réduite à la
prostitution.Le refus de ces trois femmes à se considérer comme
victimes de leur Histoire. Norah avait décidé de sauver son frère et de
lutter contre son père, Rudy se trouve dans une aigreur rancuneuse,
dans le déni, dans la jalousie. rQuand Rudy sort enfin de son
déterminisme familial, retrouve son talent de miséricorde, Fanta
revient dans un contentement que sa voisine Pulmaire n'avait jamais vu.
Khady : la scansion de son nom est l'affirmation de sa peersonne et le
refus total de l'abjection.Le
corps qui se manifeste et parle aussi : eczéma de Sony, incontinence de
Norah, hémorroïdes de Rudy, plaie au mollet de Khady.En
conclusion, chacune des ces trois femmes pose la question du mal et de
la liberté. J'ai aimé le style d'écriture ciselé et l'aspect de conte
où il reste un centre non accessible à la raison, mais qui résonne à
l'infini. Pour finir, je vais donner la définition philosophique de la
puissance, fournie par Jacqueline "processus qui permet au sujet de
prendre connscience de lui-même, de prendre la mesure de ce qu'il est,
d'où il vient et qu'il il est."
Micheline
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"Wisconsin" de Mary R.Ellis
Premier roman certes, mais quine peut
laisser indifférent sur les thèmes abordés : la guerre du Vietnam, la
violence conjugale, la violence parenale, l'alcoolisme,
l'autodestruction juvénile, la philosophie indienne ....Dans
le nord du Wisconsin, terre de forêts impropre à l'agriculture, peuplée
d'immigrants, allemands surtout et d'indiens ojibwés, vivent deux
familles de fermiers : les Lucas qui ont deux garçons, Bill et James
et les Morriseau sans enfant. John Luca, le père violent et alcoolique
n'a rien d'un fermier. Il s'acharne régulièrement sur sa femme et ses
deux garçons. James l'aîné lassé par la maltraitance paternelle
s'engage comme GI pouir le Vietnam où oil meurt rapidement. Son jeune
Frère Bill ne se remettra pas de cette mort. Sa mère et lui se replient
sur leur douleur. Le père fait subir à Bill des sévices sexuels
(brûlures des testicules avec des cigarettes), mais ce dernier n'en
parlera jamais. Les
Morisseau,
les voisins ont veillé de loin sur les enfants jusqu'au
départ de James. Mais, peut-être par pudeur les relations se couperont
pendant 15 ans, période pendant laquelle Ernie Morriseau verra Bill
s'autodétruire par l'alccol. Il le sauvera un jour d'automne froid et
enneigé, le ramènera chez lui. Aidé de sa femme
et de la mère de Bill, ils rétabliront sa santé, le désintoxiqueront.
Tout est bien qui finit bien. Bill trouvera une femme qui acceptera son
infirmité. Le couple adopera deux enfants. Morale énoncée par Ernie
Morriseau dès le premier chapitre "Laisser subsister les non-dits
pouvait faire du mal à soi comme aux autres".
Simone Boutin
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"Orgueil et préjugés" de Jane Austen Bien
sûr, nous abordons ce roman à travers notre expérience, avec nos idées
contemporaines. Nous sommes surtout frappés par la totale dépendance
économique des femmes à cette époque, et le désœuvrement des hommes de
cette classe. Dans notre club de lecture, certaines pensent que le
roman soulève des questions universelles et toujours d’actualité sur la
femme, les relations amoureuses, la famille et les classes sociales,
tandis que pour d'autres, c'est le portrait d'un moment particulier
dans le développement de la société. Une lectrice l'a comparé à A la
recherche du temps perdu au sens où les deux œuvres évoquent une
société en pleine évolution. Pour une autre, c'est l'aspect « fleur
bleue » qui prédomine. Nous
avons aussi vu le film de Joe Enright et tout le monde s’accordait à
reconnaître qu’il est très fidèle au roman, bien joué, un beau film à
vrai dire qui peut donner envie de lire ou de relire l’œuvre de Jane
Austen.
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« LES TRAINS VONT AU PURGATOIRE » de Hernan RIVER LETELIER.
«Les
trains vont au Purgatoire » est le 4ème roman de Hernan Rivera
Letelier, auteur encore peu connu des Français, mais fort apprécié
outre-atlantique. C’est un écrivain chilien, né en 1950, dans la lignée
sud-américaine qu’il revendique, avec ses excès, ses provocations, ses
outrances. Il est autodidacte et a d’abord écrit des contes et des
poèmes. Le
roman s’articule sur trois récits : le voyage en train proprement dit,
axé sur Lorenzo Anabalon ancien ouvrier du salpêtre, le conte d’Alma
Basilia la prostituée, et l’histoire de Leoncio Santos le mari
abandonné. Nous
sommes dans le désert d’Atacama dans le nord du Chili, un des déserts
les plus arides du monde, que l’auteur a bien connu pour avoir
travaillé dans les mines de salpêtre de sinistre mémoire ( c’est là que
des mineurs ont été ensevelis en août 2010). Les personnages, hauts en
couleur ( et en odeur), sont décrits magistralement pendant ce voyage
de quatre jours et quatre nuits, où il se passe des choses tragiques,
émouvantes et droles, avec comme toile de fond la mort, toujours
présente, en filigrane. Des
histoires d’amour ponctuent le récit, dont celle d’Uberlinda Linares
qui, bien qu’absente du train est l’héroïne fantôme de ce récit. Le
style de Hernan Rivera Letelier est plein de trouvailles, d’images
poètiques, teinté de merveilleux ; l’humour y a sa place et on rit
souvent malgré les sujets graves. Ce
livre a été dans l’ensemble apprécié, sauf de quelques cartésien(ne)s
insensibles au délire sud-américain…Chronique sociale de cette époque
révolue, ou complainte en hommage aux travailleurs chiliens des
salpêtrières, ce roman mérite le détour |
En 2010
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C'est la vie de Karel Schoeman - Edition Phébus
Allongée sur son lit de mort dans la maison de son enfance, une vieille femme se laisse envahir par ses souvenirs. Née
au cours du XVIIIème siècle; elle a mené la vie dure des éleveurs sur
le veld sud africain. Arrière petite fille d'un trek boer arrivé un
siècle auparavant dans son charriot armé de ses bras et d'une bible.
Elle appartient à une famille austère qui a participé à l'émergence
d'une communauté et qui va disparaître faute de descendants. Bientôt il
ne restera que quelques tombes autour de la maison pour témoigner de la
vie de ceux qu'elle a connus. Toute une longue nuit ses souvenirs
vont et viennent de manière désordonnée et avec eux les doutes et les
réflexions sur son existence passée ; avec pour fond le veld qu'elle a
tant aimé elle nous livre des récits entremêlés de l'histoire de
l'Afrique du sud, de l'histoire de sa propre famille et de son
ascension sociale au sein de la communauté des fermiers et puis surtout
son histoire intime : petite fille délaissée dans un milieu austère,
adolescente confrontée aux drames failiaux jamais expliqués et toujours
occultés par toute la famille, adulte vouée au service de sa mère,
vieille fille utilisée par un neveu qu'elle a élevé et dont elle
n'attend plus rien. Elle veut comprendre. Quelques uns de ses
souvenirs sont heureux, ceux associés aux paysages et aux rires de ses
frères sur le veld, d'autres sont si durs qu'elle les supplie en vain
de disparaître ! Lorsque cette nuit interminable s'achève elle a
éclairci bien des points, elle en a laissé beaucoup dans l'ombre mais
elle se sent le droit de mourir apaisée. Ce récit est à la fois dur et attachant, l'écriture est superbe. Karel
Schoeman né en 1939 est un écrivain de langue africaans, auteur de
nombreux romans (on en trouve des traductions en Edition de poche) est
aussi linguiste et a traduit en africaan de nombreux ouvrages de toutes
nationalités. Il fut aussi un militant de l'anti apartheid.
Dominique Ravel |
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Lily et Braine de Christian Gailly - Editions de Minuit
Le 6 novembre dernier, j'ai présenté le dernier livre de Christian Gailly " Lily et Braine", auteur contemporain.
Nous avons retrouvé son style, très épuré, minimaliste, son obsession, l'abandon d'une passion, celle du jazz. L'histoire
est grave mais l'écriture légère, ce sont des phrases musicales. Tous
les caractères du jazz se retrouvent dans l'écriture.
Les avis
sont très partagés : certains ont beaucoup aimé et d'autres ne sont
absolument pas rentrés dans l'histoire, ni dans l'écriture et ont été
irrités par le manque de vraisemblance. Nous sommes dans un roman... Christine
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Retour en terre - Jim Harison -
Avec
retour en Terre, Jim Harison continue l’histoire de son précédent roman
« de Marquette à Véra Cruz » qui nous racontait l’histoire de la
Famille BURKETT, les parents de Cynthia et David – deux des principaux
personnages de notre roman. Retour en terre aborde
tous les grands thèmes chers à J.H : l’exploration du mystère de la
vie, la famille, l’amour, le sexe, la nature, la relation entre l’homme
et l’animal. Dans ce livre, en quatre parties, quatre personnes s’expriment tour à tour. Le très émouvant Donald –
métis indien - mari de Cynthia - en phase terminale d’une sclérose en
plaque dicte à sa femme l’histoire de sa vie. Il recourt à sa famille
pour l’aider à quitter ce monde d’une façon peu ordinaire. David
– beau-frère de Donald – ne se remet pas de son enfance – expie les
fautes de son père. Il retrouve dans ce roman un certain sens à sa vie. Cynthia
– Epouse de David, l’accompagne jusqu’au bout et tente de faire le
deuil de celui qu’elle aime depuis l’âge de 16 ans. C’est une femme
équilibrée. Elle avait su se protéger de sa famille destructrice,
contrairement à son frère. C’est une mère très aimante auprès de sa
fille désespérée par la disparition de son père. Kennet – dit K – jeune neveu – très attaché à Donald qu’il accompagne jusqu’à la fin. Petit ami de Clara – mais aussi amoureux de Cynthia, la mère – amour impossible qui ne sera jamais transgressé.
Ce
livre a été diversement accueilli par les lecteurs. Certains n’ont pas
du tout apprécié le style, les excès de J.H. d’autres au contraire ont
pris énormément de plaisir à entrer dans cette famille particulière – à
découvrir la nature américaine. Le thème de l’euthanasie a suscité quelques réactions également.
Sylviane
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La Surprise de Vivre – Jeanne Galzy (1883 – 1977) – Gallimard
L’année
2010/2011du club de lecture des Usagers de Carré d’Art vient de
commencer et le premier livre choisi est un roman d’une écrivain(e)
régionale aujourd’hui oubliée, mais qui était reconnue et primée de son
vivant. En résumé, sa vie va être la source de son écriture. Elle est
professeur de français, ce qui lui inspirera plusieurs livres dont
« Une femme chez les garçons ». Elle connaît la maladie, d’où le titre
de son roman : « Les Allongés ». Sa famille est ruinée par la mort
prématurée du père. Toute sa vie, elle sera le soutien financier de sa
mère et de sa sœur. Dans le roman que nous avons choisi, on retrouve
cette situation et d’autres aspects de sa vie : son père est
catholique, sa mère est protestante, elle est homosexuelle. Elle a reçu le Prix Femina en 1923, avant de faire partie de ce jury quarante ans plus tard. Elle
publie trois autres romans sous le titre général « La Surprise de
Vivre ». Jeanne Galzy y décrit avec beaucoup de précision et de finesse
non seulement les paysages, mais également les sentiments, les
relations entre les êtres, et elle s’attache pourrait-on dire aux
«clairs obscurs. L’auteur commence par un superbe tableau : l’arrivée
de deux jeunes gens nouvellement mariés dans la propriété familiale du
jeune époux, près de Montpellier. Même si l’environnement est
magnifique et attrayant, il va prendre pour la jeune femme la forme
d’un huis clos d’où elle devra s’échapper.
La discussion a porté
principalement sur la sociologie et la psychologie développées par
Jeanne Galzy, plutôt que sur son style, cependant limpide et subtile,
capable de décrire dans toute leur complexité les lieux et les
personnages
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Au-delà des Illusions - Duong Thu Huong
Nous
avons parlé du roman de l'écrivaine vietnamienne Duong Thu Huong parmi
les oliviers et les vignes d'un jardin dans le midi de la France, un
paysage bien loin de ceux du roman. En effet, lire ce livre veut dire
entrer dans une autre culture, géographiquement, psychologiquement et
même du point de vue littéraire. L'histoire n'avance pas en ligne
droite. Il y a toutes sortes de déviations, de réflexions
philosophiques ou politiques, de passages flamboyants, de relations
opaques … tout ce qui peut assurer un dépaysement profond pour le
lecteur européen. On a beaucoup apprécié les descriptions
des paysages, et l'évocation de la ville de Hanoi et de la vie
quotidienne de ses citoyens. On a trouvé très intéressants les
portraits de femmes, surtout celui de la journaliste Ngoc Minh, et de
la directrice du lycée, Kim Anh, deux femmes sympathiques. Mais
personne n'a aimé l'héroine, Phuong Linh, la jugeant trop rigide et
exigeante par son idéalisme. Certains lecteurs estiment qu'elle quitte
son mari, d'ailleurs très gentil, pour un homme moins agréable et plus
malhonnête. Une lectrice a pensé au héron de la Fontaine qui cherchait
toujours plus et mieux et, à la fin, n'obtient rien du tout, comme
Phuong Linh.
D'autres lectrices ont trouvé le roman un peu
froid, artificiel et théâtral, comme un roman photo, et même au niveau
de l'écriture, ennuyeux. Mais pour la plupart, ce voyage dans une autre
monde était beau, émouvant et enrichissant. |
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Noir est l’arbre des souvenirs, bleu le ciel - Rosetta Loy - Albin Michel
N’est-il pas inutile de préciser que le livre proposé ce mois-ci invitait chaque lecteur, lectrice à répondre à deux questions, La
première : qui est Rosetta Loy ? car peu nombreux étaient les membres
du club de lecture à connaître le nom de cette romancière italienne
vivante, née en 1931, qui a publié son premier ouvrage en 1974, mais ne
s’est pas arrêtée de publier depuis. La
seconde : quel genre de livre se cachait derrière un tel titre, la
longueur et son passage de l’ombre à la lumière entre les deux parties
du vers. Car, il est bien question d’un vers d’un poème de Sylvia Plath
« Arbres d’hiver ». C’est
un récit et un roman. Récit qui raconte l’histoire de la famille Loy,
des bourgeois romains, le père a une entreprise de construction et se
trouve ruiné à la fin de la guerre 1939/45, certains membres ne
comprennent pas le changement de situation financière, les autres, la
deuxième génération comprend ce qui arrive. C’est
aussi un roman qui raconte la vie des différents enfants, leurs choix,
leurs engagements opposés, les garçons et les filles de la famille
également le jeune précepteur, sans oublier les amoureux et amoureuses,
puis ce qu’ils sont devenus une fois que la vie en Italie a repris son
cours et que commence la reconstruction. L’Histoire
tient une place importante dans cet ouvrage, mêlée à l’histoire de
chacun des protagonistes, particulièrement dans le chapitre consacré à
l’expérience de Marcello dans la guerre de Libye. Malgré les situations
dramatiques, humour et même légèreté sont présents. Il
serait injuste de ne pas mentionner que l’auteur n’oublie pas de
remercier celui qui lui a permis de retracer sans erreur le déroulement
des événements.. Un
ouvrage à conseiller à qui aime un livre « bien écrit » qui permet
d’entrer dans l’intimité d’une famille et même les contradictions d’un
peuple
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Le deuxième sexe – Simone de Beauvoir - Gallimard
Le
livre « classique » proposé et accepté pour l’année 2009/2010 n’est ni
un roman, ni une biographie, ni….. mais un essai. Un essai publié il y
a tout juste 60 ans. Inutile de préciser qu’il est l’œuvre de la
philosophe Simone de Beauvoir née en 1908, agrégée à 21 ans. Cet
essai est comme un accident de parcours, la réponse à un défi proposé
par son compagnon Jean Paul Sartre. C’est à la lecture du premier des
deux tomes de cette œuvre que le club de lecture s’est attaché plus
particulièrement. Simone de Beauvoir présente avec beaucoup de
sérieux |
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