Compte rendu de conférence de François BAZZOLI - Art, Littérature et cinéma - 20 mars 2008 professeur à l'Ecole des Beaux-Ars de l'Université de Marseille LuminyA
partir d’un ensemble savamment choisi d’images, F.Bazzoli, professeur à
l’école des Beaux Arts de Luminy a traité, le 20 mars 2008, devant un
public nombreux, du rapport entre ces trois formes d’expression. Dès
le début du XXème siècle, les arts plastiques ont délimité un terrain
nouveau grâce à l’apport de la photographie, du cinéma, de la
radiographie. Le renouvellement de la littérature, (dadaïsme,
surréalisme) les ont également sollicités. La fiction, le récit propres
à la littérature et au cinéma, engendrent des images mentales que l’art
s’approprie. Les premiers films peuvent raconter un roman en quelques
minutes. L’art intègre ces dimensions. Le « modèle » a disparu. Le
XXème siècle produit des artistes polymorphes qui s’inspirent du cinéma
dans leurs représentations (M.Monroe pour Warhol).Ce dernier invente
le cinéma- sculpture, Vostell (actuellement exposé à Carré d’Art),
invente la video sculpture. Gordon Douglas imagine , à partir de
Psychose de Hitchcock, un film qui dure vingt –quatre heures. Des
artistes (Jeff Koons) travaillent sur les monstruosités ou la
pornographie, d’abord abordés par la photo ou le cinéma. Inversement
Chantal Ackerman ou Agnès Varda, cinéastes au départ, font des
installations, Marcel Duchamp se travestit en poétesse (Rose Sélavy),
les artistes travaillent sur des textes littéraires ou philosophiques
de Freud, Lacan, Wittgenstein, Collodi, Dante, La Fontaine,
Maiakovsky.. Ainsi le XXème siècle est bien le moment où les frontières
se dissolvent entre les arts, la littérature
La traduction ouverte sur le monde, sa pratique, ses difficultés, son apport
Conférence-débat organisée par notre association en collaboration avec la bibliothèque Carré d'art
> 22 novembre 2007, avec Michèle Gazier écrivaine et traductrice qui nous dit : «
Pourquoi traduit-on ? Pour qui traduit-on ? Dans quelles circonstances
est-on amené à traduire ? Ces trois questions, auxquelles j'essayerai
de répondre en m'appuyant sur mon expérience personnelle, sont celles
que se pose tout traducteur innocent. J'entends par là celle ou celui
qui se lance dans l'aventure en croyant qu'une bonne connaissance de la
langue étrangère choisie est suffisante pour faire passer un texte
littéraire en français. S'il doit dominer la langue de départ , le
traducteur doit surtout posséder celle d'arrivée. Alors commence la
découverte d'autres problèmes d'autres enjeux, d'autres acquis. Même si
la générosité du traducteur n'est pas à mettre en doute, si sa
modestie, toujours à l'épreuve, ne le quitte pas, le traducteur
découvre très vite que traduire, c'est avant tout écrire. Ce qui ne le
détourne en rien de l'entre-deux de la traduction, mais qui parfois le
pousse à trouver les mots de son propre imaginaire. A écrire seul. »
Michèle Gazier,critique littéraire , romancière ( Le Merle bleu, (1999), Le fil de soie (2001), Mont-perdu (2005) a aussi traduit une partie de l'oeuvre de M.Vázquez Montalban (Meurtre au comité central, Les Oiseaux de Bangkok, La Solitude du manager, le Pianiste etc..)
Des programmes scolaires à la réalité de la lecture à l’école. Quelles intentions ? Quels vecteurs ? Quels effets ? L'Association des Usagers de Carré d'Art en collaboration avec la Bibliothèque a proposé cette conférence > le jeudi 4 octobre 2007 de 18H à 20H - salle de conférence de Carré d'Art Cette
séance a été présentée et animée par Mme Anne Marie Chartier, agrégée
de philosophie, Docteur en sciences de l’éducation, chercheur à l’INRP,
qui a publié plusieurs livres sur divers aspects de la lecture(dernier paru : L’Ecole et la lecture obligatoire, Retz, septembre 2007)Elle a axé sa conférence autour de trois thèmes principaux : /// L’aspect quantitatif, la place de la lecture dans le loisir des
élèves et son évolution, les stratégies de l’école et du collège pour
accompagner ces jeunes lecteurs /// Les modes de lectures. Quel partage entre les lectures imposées et
les lectures libres ? Quelle évolution pédagogique à cet égard ? /// Que lisent réellement les jeunes, lectures liées à l’enseignement du
français et fictions littéraires, lectures documentaires, nouvelles
lectures du type Harry Potter ? L’école mène t-elle un combat d’arrière
garde en faisant tant d’efforts pour faire aimer les lectures aux
enfants à l’âge des écrans omniprésents ?
Compte-rendu d'un membre de l'association qui a assisté à cette conférence - Après la conférence quelques notes.
Quelle
lecture ? C'est la vraie question. Autres lieux, autres lectures :
lecture à la maison, lecture à l'école, lecture libre, lecture
obligatoire.
Lecture-plaisir et
lecture-travail. La première apporte certes détente et repos, mais avec
une part d'activité ; la seconde est voulue comme travail, rendue très
attentive, pour être mieux comprise, ce qui en fait une autre sorte de
plaisir. Le contraste a souvent été total entre les deux. A la maison,
on ne lisait que les journaux à gros titres, à faits divers ; à
l'école, on ne lisait que des livres absents de la maison. C'était
ruineux des deux côtés. Du côté de l'école, on proscrivait la lecture
des romans "populaires", stéréotypés. C'était une erreur, pense la
conférencière. Le jeune qui les aime bien doit passer par là. C'est
ensuite qu'il accèdera à de meilleurs textes, guidé par les "morceaux
choisis". On pourra même lui faire suivre, sans trop les charger
d'explications, des ensembles plus complets, des lectures collectives
oralisées, en classe, qui seront appelées "lectures discursives". Des
œuvres de Romain Rolland, Ernest Pérochon, ont été les premières à
servir ainsi. Il s'agit au fond d'éviter le divorce entre lecture
vagabonde, sans règles et la lecture forcée, faite à l'école pour
l'école.La conférencière élargit son
point de vue. En décidant de faire entrer tout le monde au collège, on
n'a nullement comblé le fossé qui séparait les élèves bien préparés et
les élèves mal préparés. D'où les surcharges d'effectifs, les échecs,
les redoublements, conséquences d'une scolarisation sans moyens
suffisants. Mais elle remarque que les échecs ne débouchaient pas sur
le chômage. On trouvait du travail en sortant de l'école. Maintenant,
non. La conférence fait réfléchir sur des problèmes pédagogiques, mais
aussi sur leur origine sociale. Lucien Ruh  Photographie et Arts plastiques - Une conférence éclairante de F.Bazzoli*
Sur
ce thème qui n'avait encore jamais été abordé par notre
association,François Bazzoli , professeur à l'Ecole des Beaux Arts de
l'Université de Marseille- Luminy et à l'Ecole nationale de
photographie d'Arles, a proposé, devant un public nombreux, une
conférence très attrayante, illustrée par de nombreuses diapositives.
Qualifiée par Pierre Bourdieu d' « art moyen » en 1967, la photographie
était encore à cette époque, considérée plutôt comme vouée à la
reproduction du réel. PSur ce thème qui n'avait encore jamais été
abordé par notre association,François Bazzoli , professeur à l'Ecole
des Beaux Arts de l'Université de Marseille- Luminy et à l'Ecole
nationale de photographie d'Arles, a proposé, devant un public
nombreux, une conférence très attrayante, illustrée par de nombreuses
diapositives. Qualifiée par Pierre Bourdieu d' « art moyen » en 1967,
la photographie était encore à cette époque, considérée plutôt comme
vouée à la reproduction du réel. Pourtant dès le début des années 1900,
des grands artistes Man Ray, Bragaglia,Nagy, ont cherché à l'utiliser
pour des créations audacieuses, par le biais des collages, de
radiogrammes etc. Un peu plus tard d'autres artistes,Kertez, Rodtchenko
ont exploité une nouvelle approche du corps humain, déformé, ficelé, en
pose acrobatique,trivialement décoré. Plus tard Milovanoff a transformé
la vision d'un tableau en regroupant une partie de celui-ci avec son
cadre et le décor extérieur. Ainsi la photographie sème le trouble,
fait vaciller notre espace perceptif. Elle utilise les défauts de
l'appareil lui-même et de l'oeil. On peut aussi retraiter des tableaux
(de Goya, de Rembrandt), imaginer des situations rêvées (la piscine
rouge, l'homme épousant la lune,un chien déguisé).Les dimensions
s'accroissent, le simple cliché fait place à une reconstruction savante
de photos préalables. Ce faisant la photographie perd de sa
spécificité, elle se confond avec les autres arts plastiques, est aussi
concurrencée par la video, les installations. En s'accrochant au
système des arts plastiques, elle gagne et perd tout à la fois. « En
art, il y a des choses qui meurent » conclut F.Bazzoli, sans tomber
dans le pessimisme.
*cette conférence était organisée en collaboration avec la bibliothèque Carré d'Art le 22 mars 2007
COMPTE-RENDU DE LA CONFÉRENCE DE JEAN-CLAUDE LEBRUN A CARRED 'ART« Etre critique littéraire aujourd'hui ». Une conférence de J.C.Lebrun, critique littéraire à l'Humanité (Carré
d'Art, 16/11/06). Jean Claude Lebrun, qui assure depuis une vingtaine
d'années une chronique littéraire régulière chaque jeudi dans le
journal l'Humanité a présenté devant un public nombreux et
très intéressé, les conditions objectives dans lesquelles se déroule
son travail et les choix qu'il est amené à faire pour exercer cette
fonction. Deux conditions objectives : la concentration de la production et de la distribution
Au point de départ, il faut prendre
en compte l'extrême concentration de l'édition en France. Deux groupes
Hachette et Wendel investissement assurent les deux tiers de l'édition.
Quatre autres maison, Lamartinière-le Seuil, Gallimard,
Rizzoli-Flammarion, Albin Michel fournissent l'essentiel du reste,
laissant très peu de place aux 3000 autres éditeurs, petits ou tout
petits et plus ou moins éphémères .Cinq sociétés contrôlent d'autre
part la distribution de tous les ouvrages et prélèvent 10 à 12 % du
prix de chaque livre vendu ou non vendu.. Dans les maisons d'édition,
deux fonctions ont pris de plus en plus d'importance, et supplantent la
direction littéraire, le contrôleur de gestion et la direction du
marketing. Le taux de profit exigé a augmenté passant de 3% il y a
quelques années à 10 % ou plus actuellement.Cette marchandisation ne
veut pas dire forcément stérilisation ou appauvrissement de la
production (7000 livres publiés par an), mais elle oriente vers la
fabrication de « produits-livres » qui se ressemblent d'une maison à
l'autre. Comment opère le critique ? Quelle est la situation du critique ? Il doit
d'abord résister aux tentatives de la direction de la communication des
maisons d'édition pour créer à leur égard une certaine dépendance des
critiques, récompensée par quelques faveurs. Il doit garder la tête
froide face aux manoeuvres de grand style faites par les maisons pour
lancer un produit puis obtenir un prix comme ce fut le cas pour
l'ouvrage récent de J.Littell.
Cela dit, il lui faut en face de la surabondante production qui lui parvient faire des choix
selon des principes stricts. Le conférencier, non sans humour, les
expose dans l'ordre où il les opère : élimination d'abord des purs «
produits », jouant sur la notoriété supposée de l'auteur, puis des
auteurs qui exploitent de façon continue une « niche » éditoriale
(roman rural etc.). En revanche,il marque son intérêt pour les maisons
d'édition à la démarche novatrice et pour les auteurs dont l'oeuvre
révèle un parcours original. Pour les premiers romans, toujours
nombreux, une lecture de quarante pages environ permet une appréciation
d'ensemble qui le plus souvent se révèle juste. Quatre critères enfin
sont à prendre en compte : l'originalité du sujet, la nouveauté du
regard, l'intérêt de l'écriture, le plaisir de la lecture. Il n'en
reste pas moins qu'un critique choisit en fonction du bagage littéraire
formé dans sa vie. Ecrire un article Le
choix fait, il faut écrire l'article, ce qui nécessite 8 à 10 h de
travail par semaine. J.C Lebrun considère le critique comme un
intercesseur. Il ne doit donc pas se « mettre en scène ». Il doit aussi
garder une totale indépendance vis-à-vis des courants esthétiques à la
mode ou dominateurs. L'article, d'une rigueur totale, doit donner à
sentir le style du livre, et au bout du compte permettre au lecteur de
se forger lui-même une idée. Une
riche discussion a suivi cet exposé. Elle a permis au conférencier de
préciser les nouvelles tendances du territoire romanesque : retour au
récit (avec des auteurs comme Echenoz ou Rouaud, place de l'histoire,
essor un peu envahissant de la subjectivité (autobiographie,
autofiction etc. avec C.Angot par ex.). On redemande au roman d'être
une machine à penser, non sans polémique parfois (Houellebecq). En
revanche la réflexion sur la littérature incluse dans le corps du roman
a nettement reculé. Le désir d'écrire reste très fort en France, ce qui
permet à l'auteur de n'être pas trop pessimiste sur les perspectives de
l'édition.  
Compte-rendu de la conférence de Rémy Rieffel le 12 octobre 2006 à Carré d'Art L'art contemporain entre mondialisation économique
Médiatisation et littérature Rémy Rieffel, professeur à l'Université de
Paris-Dauphine, sociologue et spécialiste des médias, expose d'abord la
mutation du marché du livre depuis 25 ans. Les ventes se concentrent
sur quelques romanciers (en 2005, dix auteurs ont fait vingt pour cent
des ventes de fiction) et au profit de groupes éditoriaux toujours plus
importants (Lattès, Presses Pocket, R.Laffont, Fixo) qui font
énormément de publicité. Même si des éditeurs moyens subsistent
(Gallimard, Flammarion, La Martinière) deux groupes, Hachette- livres
et Editis réalisent 60 à 70 % de la production littéraire française et
raisonnent seulement en termes de rentabilité. La promotion des livres
se fait comme celle d'autres produits : il faut obtenir un best seller,
faire des coups, obtenir de passer à la télévision dans une émission à
grande écoute, mais les émissions littéraires (du type Apostrophes,
reléguées à des heures tardives) ne jouent plus qu'un faible rôle dans
la vente des ouvrages.D'autre part la vente s'est industrialisée, la
part des librairies traditionnelles s'est réduite au profit des grandes
surfaces à caractère culturel ou non (FNAC, Virgin,Cultura, Casino
etc..) et de la vente par correspondance et sur Internet. Le choix
réellement offert se restreint bien que le nombre d'ouvrages publiés
reste très élevé. D'autre part du côté des médias si les sources d'
information se sont accrues en nombre (multiplication des chaînes,
internet, presse gratuite etc..), la concentration financière aussi
s'est accentuée (un groupe comme Lagardère possède journaux, magazines
(le 1er éditeur de magazines du monde), radios, chaines de télévision
etc..), les journaux eux-mêmes font de plus en plus partie d'un groupe
(Bayard, le Monde,Ouest France).Le public, d'autre part, est confronté
à une culture mosaïque faite d'émissions de télé, de lectures et
d'Internet. Comment un écrivain peut-il échapper à cette
logique infernale ? Une logique de palmarès se développe (listes des
meilleures ventes publiées dans la presse) .Si les bibliothèques et les
libraires jouent encore un rôle, celui de la critique littéraire se
réduit : sa place se réduit dans les journaux et on n'analyse pas à
fond les livres.Les émissions littéraires sont supplantées par de «
l'infotainment » avec des animateurs connus (Ardisson, Fogiel,
Ruquier). Le livre exigeant, qui ne s'impose qu'en longue durée, trouve
de plus en plus mal sa place. Rémy Rieffel met cependant un
bémol à cette description plutôt pessimiste : les réactions du public
montrent qu'il réagit de façon autonome, des prix littéraires échappant
au système (comme le prix des lecteurs de France inter) ont fait une
percée, le bouche à oreille joue toujours son rôle , les enseignants,
les bibliothécaires, les libraires peuvent conseiller les lecteurs.
Une riche discussion a suivi cet exposé très clair et très bien informé.  
Compte-rendu de la conférence : Ecrire en Europe
Prend-ton en compte l'Europe
dans les bibliothèques ? Que propose-t-on dans les lycées et les
collèges ? ce sont ces deux questions qui étaient au cœur de la soirée
du 6 octobre organisée en collaboration avec la bibliothèque Carré
d'Art.
Christine Raynaud, responsable
du secteur adulte à la biliothèque a montré qu'avec la construction
européenne, la mobilité des citoyens s'accroit, il faut répondre à la
curiosité du public sur les divers pays de l'Europe, prendre en compte
les langues des immigrants. La multiplicité des langues pose problème.
LUnion européenne a un programme de traduction (Ariane) et le Centre
national du livre soutient aussi cet effort. chez les éditeurs, la
production européenne est très inégalement traduite (avec un gros
avantage pour l'anglais, alors que l'allemand, l'italien, les langues
de l'Europe de l'Est en général sont moins bien servis. Pour les
bibliothécaires, le problème est l'accès à l'information sur les œuvres
(recoursd à des conseils d'experts ou des librairies spécialisées. La
bilbliothèque Carré d'Art était assez bien pourvue en ouvrages de
fiction étrangers. Les collections de sciences humaines étaient moins
satisfaisantes ainsi que les ouvrages pour l'apprentissage des langues.
Le fonds en langue étrangère est pauvre encore en russe, allemand,
italien et aussi arabe, retard qu'il faut rattraper. L'offre de presse
va prochainement se diversifier (russe, arabe). La bibliothèque Carré
d'Art s'efforce donc de prendre en compte les nouveaux besoins avec les
moyens limités qui sont les siens et en n'oubliant pas que la
littérature est un fait international qui ne se limite pas à l'Europe.
Caroline Vauthrin,
professeur de lettres au Lycée Dhuoda à Nîmes, a rendu compte de
l'expérience qu'elle a animée dans son établissement dans le cadre du
prix européen des jeunes lecteurs, soutenu par le programme européen
Comenius, et qui a pour objectif de faire découvrir la littérature
européenne aux jeunes. En dehors de la France qui a lancé l'idée (sept
lycées conc ernés) et du Luxembourg, cette initiative réunit surtout
des établissements venant des nouveaux partenaires européens (Finlande,
Pologne, Roumanie, par exedmple). Un choix de six ou sept romans de
divers pays est proposé aux élèves. L'objectif est de leur faire
choisir d'aqbord à la base puis au sommet vers le mois de mars, un
roman qui recevra le prix européen. Au lycée Dhuoda de Nîmes, les
élèves n'étaient pas des littéraires, amis ils se sont pris au jeu et
ont participé de diverses façons (courrier - rélaisation de vidéo -
d'expositions). Quelques délégués des classes sont allés à Strasbourg
pour choisir le prix. C'est un grand moment pour eux et cela leur
permet de rencontrer aussi des écrivains et des traducteurs. D'autres
échanges ont lieu également dans lesquels les a priori sur les autres
nations tombent. Au total l'expérience apparaît très positive et elle
stimule plus ne gêne le travail normal des élèves dans leur class(les
textes étudiés peuvent être présentés au bac).
Une très riche discussion a suivi ces exposés.
 
 BIBLIOTHEQUES DE L'AVENIR : INTERROGATIONS - INQUIETUDES ET ESPOIRS

Après la
conférence de Suzanne de Rudder et de Gilles Eboli, directeur de la
Cité du Livre d'Aix-en Provence et président de l'Association des
bibliothécaires français - jeudi 10 novembre 2005 à Carré d'Art Cette conférence sur la biliothèque de l'avenir débuta par un diaporama sur la bibliothèque du passé par Susan De Rudder,
de l'Association des Usagers de Carré d'Art. Au cours des siècles, les
collections sur payrus des biblbiothèques de l'antiquité cèdent la
place aux collections sur parchemin des monastères du moyen âge, puis
suit l'ère du papier et de l'imprimerie et nous voici arrivés à l'heure
du numérique. Gilles Eboli
a noté que le comportement du lecteur change aussi au cours des
siècles, selon le support. D'une lecture à haute voix du rouleau de
papyrus, le codex permet une lecture plus intimiste, tandis que l'écran
pousse à une lecture discontinue, fragmentée. Pour lui, le modèle
courant, la médiathèque, qui fait place à tous les supports (la
bibliothèque ne donnant place qu'au livre) est en crise. Le chiffre des
inscriptions est en recul, ainsi que celui des prêts et des heures
d'ouverture. Ce modèle ne sait pas comment se renouveler : il ne va pas
vers un nouveau public et les bibliothécaires restent trop souvent arc
boutés sur leurs collections. Il faudrait davantage d'investissement
pour attirer un public plus jeune et plus varié. On
croyait que le numérique serait un nouveau support, mais en effet c'est
une autre bibliothèque, immatérielle, à laquelle on peut accéder de
n'importe où. Son utilisation nécessite une "alphabétisation
numérique", sinon on a du mal à se débrouiller dans la quantité
vertigineuse d'informations offertes en réponse à une simple recherche. Dans
la bibliothèque de l'avenir, il y aura certainement de l'espace libéré
par les livres. Est-ce que cet espace deviendra un espace de rencontres
et d'échanges, comme l'espère Gilles Eboli ? C'est encore un des enjeux
du futur. Le public a contribué au débat par des
questions et des commentaires sur l'avenir du livre, les jeunes et la
lecturre, l'informatique, le rôle de Google et des moteurs de
recherche. Il est reparti stimulé, mais également interpellé par cette
évocation problématique du brave new world (le meilleur des mondes) de
la bibliothèque de l'avenir L'association des
bibliothécaires français fête ses cent ans en 2006 avec, parmi d'autres
activités, une conférence sur ce sujet.
 Compte-rendu
de la conférence : Faut-il avoir peur de l'art contemporain ?
Une soirée débat
très réussi avec Patrick Marzuola
C'est devant
un vaste public que Patrick Marzuola s'interroge sur la distance qui
existe entre l'artiste et le spectateur dans le domaine de l'art contemporain.
Ce dernier serait-il une supercherie ? Il répond en avançant
quelques hypothèses et en s'appuyant sur un choix très
varié d'œuvres, depuis l'icône byzantine jusqu'aux
œuvres les plus contemporaines. L'écart
d'abord, c'est celui qui existe entre le public profane et l'œuvre
de son temps, car chaque art en son temps est contemporain. L'art contemporain
aujourd'hui, c'est celui qui a été produit entre 1960
et aujourd'hui en tenant compte d'un déplacement tous les dix
ans.Regarder l'art
contemporain, c'est porter un regard subjectif sur le regard lui-même
subjectif du créateur. Cela relève
d'un certain travail. Travail justifié car connaître, c'est
aussi se comprendre soi-même. L'icône byzantine nous
regardait était plus immédiatement accessible. Avec Fra
Angélico apparaît un certain mustère. On s'interroge,
l'œuvre serait-elle inachevée ? Chez Monet, le motif (les
nymphéas) se disssout quand on s'apporche. C'est nous qui devons
requalifier l'image. Le regard du spectateur est donc inévitablement
en retard par rapport à l'œuvre. Pourquoi la peur ? Aujourd'hui,
ce que nous voyons sur le tableau ne nous regarde plus et nous refusons
ce qui ne correspond pas à notre conception, transmise par la
tradition, de l'image. Les demoiselles d'Avignon de Picasso peuvent
paraître une œuvre inachevée. Marcel Duchamp nous
oblige à surmonter le tabou en sacralisant un urinoir symbole
de la souillure physiologique. Malevitch avec son carré blanc
sur fond blanc communique le sentiment de l'absence de l'objet et une
mystique du blanc. Il exige du spectateur un regard hallucinatoire qui
doit révèler l'œuvre. On peut alors évacuer
la peur par le refus de voir. On incrimine aussi la facture
"trop facile" de l'œuvre. Patrick Marzuola présente
diverses œuvres d'artistes contemporans sur le thème du
blanc. Blanc avec une seule raie jaune (Barnett Newman), avec des perforations
qui ouvrent l'espace (Lucien Fontana). L'artiste s'interroge à
travers la simplicité de l'expression, proclame l'espace, l'idée
d'une présence à laquelle le blanc permet de devenir visible.
L'interrogation durable est celle-ci : qu'est-ce que peindre ? Quant
à nous, pourquoi aurions nous peur d'une carré blanc de
20 cm sur 20 ? Cette intervention, fondée
sur une vaste culture philosophique et en même temps pédagogique
et pleine de fraîcheur, a permis une discussion de qualité,
au cours de laquelle on s'et interrogé notamment sur le poids
des facteurs économiques et sociaux dans la promotion des œuvres
des artistes.  Deux
conférences : le jeudi 7 octobre et vendredi 19novembre 2004
à Carré d'Art
Les
jeunes d'aujourd'hui pourront-ils se passer du livre ? Qu'est-ce
que la lecture aujourd'hui pour l'enfant
"Le
livre tisse des liens, ouvre le monde aux enfants, leur fait partager
des émotions sans cesse renouvelées. Il aide les enfants
sur ous les plans, psychologique, esthétique, culturel, à
grandir moins seul et avec moins de peurs"
"Nos enfants ne lisent plus". Est-ce vrai
? La lecture a t-elle encore un rôle dans la construction du jeune
enfant ? Si les moyens audiovisuels ont restreint la place de la lecture
dans l'éventail des activités de enfants, des techniques
nouvelles n'offrent-elles pas d'autres approches de la lecture ? De
quelles ressources peut on disposer pour enrichir l'offre de lecture
?
Le
jeudi 7 octobre 2004 de 18 h à 20h - salle de conférences
de Carré d'Art
Conférence suivie de debats du
Docteur Patrick BENSOUSSAN - pédopsychiatre à Marseille,
auteur de plusieurs ouvrages concerant le jeune enfant, sur le thème
"Grandir dans les plis du livre" |

|

Le
vendredi 19 novembre 2004 de 18 h à 20 h - salle de conférence
de Carré d'Art
Soirée-débat
sur L'offre de lecture à destination de l'enfant avec
la participation de Florence Leleu, responsable du secteur
jeunesse, bibliothèque Carré d'Art, Magali Haettiger,
responsable du secteur multimédia, bibliohèque Carré
d'Art, Jean-François Sourdais, directeur des librairies
pour enfant L'eau vive à Avignon et Nîmes, Marlène
Erre, responsable du secteur jeunesse de la bibliothèque
d'entreprise de la C.M.C.A.S de Nîmes (C.E d'EDF)
Après
notre soirée sur les communautés de communes et d'agglomération
Une chance pour la lecture publique ? Trois intervenants
ont participé à cette soirée qui avait réuni
une assistance modeste mais comprenant un certain nombre de professionnels
de la lecture publique. Yannick Louche,
vice président de la communauté de communes du pays grand
combien, a présenté le contexte démographique,
social et culturel difficile dans lequel a été constituée
en 2001, sa communauté de communes, qui a pris les plus larges
compétences en matière culturelle. A partir de l'existant,
une médiathèque à la Grand Combe, une petite bibliothèque
à Cendras, quelques points lecture ailleurs, un réseau
a été constitué pour réaliser la complémentarité
des fonds et un catalogue commun, faire tourner les collections, développer
le multimédia. Les locaux ont pu être agrandis (La Grand
Combe, les Salles du Gardon), du matériel acheté, du personnel
embauché. L'aide du département et de la DRAC a été
importante. Philippe Maffre
(Université de Montpellier) remplaçant Emmanuel Négrier
empêché a présenté les résultats d'une
enquête sur la décentralisation du livre en Languedoc-Roussilonn.
La lecture publique apparaît comme le premier pilier d'une culture
plus étendue. Elle fait d'autre part l'objet d'un large consensus.
Un objectif essentiel de la décentralisation a été
le transfert aux conseils généraux des Bibliothèques
départementales de prêt. Les communautés de communes
et d'agglomération sont l'étape suivante et nécessitent
un ajustement pour définir la nouvelle place des BDP. Joël Vincent,
maire de Saint Gervasy, vice-président délégué
à la culture de Nîmes Métropole, a précisé
que la communauté d'agglomération de Nîmes avait
choisi la culture (constructions et équipements) comme compétence
optionnelle. Pour se consacrer à des actions culturelles, il
faut une extension de compétence approuvée par toutes
les communes. Ces actions concerneraient la lecture publique, le spectacle
vivant, l'enseignements artistique et le patrimoine. En ce qui concerne
la lecture publique, on peut envisager la mise en réseau des
médiathèque et bibliothèques, des actions de formation,
une plus large diffusion des animations, enfin la création éventuelle
de nouvaux établissements. L'articulation avec la B.D.P. peut
être réalisée par une convention. Un débat
fourni a suivi les interventions.
Les communautés
de communes et d'agglomération sont donc un domaine potentiellement
riche mai encore inexploré qui demande imagination, initiative
et dynanisme pour ouvrir aux lecteurs de nouvelles et fructueuses possibilités.   Conférence
de Laurent Duport : L'Architecture et les lieux culturels
L'Association des Usagers
de Carré d'Art a ouvert le cycle de commération du Xème
anniversaire de Carré d'Art avec la conférence de Laurent
Duport sur le thème : l'Architecture et les lieux culturelsle 4 avril 2003. En s'attachant particulièrement au cas
des musées, Laurent Duport a pris de nombreux exemples soit dans
les musées créés de toutes pièces comme
le Musée Guggenheim à New-York ou le musée d'art
contemporain de Berlin, soit dans les réaménagements à
partir de bâtiments déjà existants (Grand Louvre,
Musée Picasso à Paris). Il a montré comment les
architectes s'adaptent au site, aux exigences de sécurité,
à la nature des collections exposées, comment ils envisagent
le traitement de la lumière, la circulation du public, etc...
Dans la discussion qui a suivi, on a évoqué à propos
du Musée de Bilbao, le rôle qu'un grand établissement
culturel peut jouer dans la revitalisation d'une ville en difficulté.
Une conférence éclairante
sur un sujet d'actualité. 
LA
BANDE DESSINÉE - REGARDS SUR UNE ECRITURE L'approche
de Bruno Canard universitaire et David Sala concepteur de bande dessinée. La rencontre, autour du thème
ci-dessus de deux spécialistes ayant chacun un regard personnel
sur le sujet a donné beaucoup de profondeur et de vie au débat organisé le 8 novembre 2002 par notre association à Carré
d'Art. Bruno Canard, universitaire,
a situé la B.D. dans son histoire (elle existe depuis 1827) et
montré avec brio les codes utilisés par les auteurs de
B.D., le cadre imposé, mais souple, des cases, l'importance du
trait, l'exigence du récit, n'en laissent pas moins une large
initiative aux auteurs. A partir des nombreux exemples illustrés,
Bruno Canard a montré les utilisations très variées
de l'espace, les variétés du graphisme, la gestion du
temps par la B.D., le style cursif, l'appui très important sur
l'humour et les différences nationales. Les japonais, par exemple,
ont une utilisation différente de n'onomatopée. L'album
B.D., véritable création artisitique, est un genre français
alors que les strips l'emportent dans le monde anglo-saxon. David Sala, jeune concepteur
de B.D., auteur notamment de la série Replay, a témoigné
de son expérience en la matière. Il a beaucoup insisté
sur l'importance de l'apprentissage, de l'acquisition d'une culture
artisitique. La main n'est qu'un outil. D'autre part, les exigences
de rentabilité sont fortes, dans le secteur B.D. Il faut donc
atteindre immédiatement un niveau très élevé
pour être accepté par un éditeur. Le travail avec
un scénariste suppose une collaboration confiante et serrée.
La préparation d'une B.D. est un long travail qui demande une
grande ténacité. Une soirée éclairante
sur un secteur inventif de la création contemporaine.   
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