Archives

Compte-rendu de la conférence de Philippe Corcuff, jeudi 18 janvier 2013 de 18H à 20 H salle de conférences – Carré d’Art

Fragilité existentielle et sociale dans la tradition du roman noir américain

Le roman noir américain est un genre à la fois « familier et lointain ». Invité par notre association et l’UCCN, Philippe Corcuff maître de conférences à l’Université de Lyon a souhaité confronter sur ce sujet littérature, sociologie et philosophie. Devant une assistance nombreuse etvivement intéressée, il a d’abord caractérisé ce genre littéraire où se croisent une approche du sens de l’existence humaine et une vision d’un monde en général dur et « qui ne sent pas très bon » (R. Chandler). Il note une « révolution du genre », construite par les logiques sociales et  le « monde », c’est-à-dire tout ce qui arrive, le flux de la vie et au final, le désordre créé par cette confrontation peut être éliminé. Retour à l’ordre ! Au contraire, dans le roman noir américain, ce n’est plus le cas, le criminel se distingue difficilement de l’honnête homme et c’est pourquoi le roman noir est davantage porteur de critique sociale. toutefois, ce n’est pas directement, mais à travers des « jeux de langage » que se produit la réfraction de la société dans le roman. Pour appuyer ses analyses, P. Crocuff a ensuite commenté cinq romans noirs, le plus souvent contemporains (D. Hammett, Denis Lehane, Craig Holden, Craug Johnson et Roger Jon Ellory). Partout le policier est une sorte d’anti-héros susceptible de faiblesse et fragilité, tandis que les délinquants ne sont pas systématiquement « noirs ». Pour finir, P. Corcuff a indiqué quelques pistes politiques issues du roman noir américain. Elles conduiraient à « intégrer l’ordre du pessimisme, assumer les fragilités, ne pas succomber au fétichisme étatique, accepter une politique de l’ordinaire, réévaluer l’individualité dans ses aspects éthiques ».

Lectures de DICKENS
Pour commémorer le bicentenaire de la naissance de Charles Dickens, l’Association des Usagers de Carré d’Art présente LECTURES DE DICKENS (en français ) et mises en voix par Thierry Paillard et Valérie Barral de la compagnie le Rouge et Vert.
Mardi 7 février 2012 à 18H salle de conférence de Carré d’Art