Programme

Bonjour à tous,

Pour écouter les compte-rendus des séances du club lecture, allez sur AUDIO

club lectureclub21club lecture21

PROGRAMMES DU CLUB LECTURE – 2016/17

  • Le 10 septembre     Dominique Ravel : «  Un don » de Toni Morrisson. – 10/18
  • Le 8 octobre            Denise Roumieu : « Mademoiselle Else » d’Arhur Schnitzler-poche- et Le bal » d’Irène Nemirovsky- Grasset (les cahiers rouges)
  • Le 5 novembre        Jeanne Vidal : «  Les Nouvelles Exemplaires » de Cervantes. – Gallimard (Folio) – en particulier : La petite gitane, Riconete et Cortadillo, L’illustre laveuse de vaisselle et Le mariage trompeur suivi du Colloque des chiens.
  • Le 3 decembre         Catherine Musson : « Americanah » de Chimamanda Ngosi Adichie. – Gallimard (Folio)
  •  Le 7 janvier              Claude Marie Fesquet : « Miniaturiste » de Jessie Burton. – Gallimard
  • Le 4 fevrier               Marie Freyssenet : « Toute une histoire » de Hanan el Cheikh. – Actes sud (Babel)
  • Le 11 mars              Madeleine Gueydan : « L’amie prodigieuse ». – Gallimard (Folio)
  • Le 8 avril                  Christine Bressand :  « Le passeur de lumière : Nivard de Chassepierre maitre verrier » de Bernard Tirtiaux. (poche)
  • Le 13 mai                 Susan de Rudder : « Annawadi : vie mort et espoir dans un bidonville de Mumbai » de Katherine  Boo.- Buchet-Chastel
  • Le 11 juin                 choix des livres pour 2017-2018

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Nos réunions auront lieu à 10 h 30. Le lieu sera précisé à chaque séance. Ce sera à l’auditorium de carré d’art pour le 10 septembre.

A titre indicatif, une liste de livres qui auraient pu faire l’objet d’une présentation (ou d’une lecture estivale) :

Les prépondérants de Hedi Kaddour – Bain de lune de Yannick Lahens.– Seuil (Points) – Ce qu’il advint du sauvage blanc de François Garde.- Gallimard (Folio) – Le chaste monde de Régine Detambel- Vacances surprises de Marc Bernard – Envoyée spéciale de Jean Echenoz – Otages intimes de jeanne Benhameur – Les déferlantes de Claudie Gallay – Histoire de la grande maison de Cherif majdalani.

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Le film de Zurlini est disponible à la médiathèque ainsi qu’un film que nous vous recommandons : « signes de vie » par Werner Herzog (1968)

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Mesures de nos jours de Charlote Delbo

C’est le troisième tome de la trilogie Auschwitz et après. Comme nous l’avons vu le premier tome a été écrit à chaud, en 1946. Elle ne le publiera qu’en 1970. Elle a pensé qu’il ne fallait pas le publier immédiatement : il y avait beaucoup de témoignages qui paraissaient, beaucoup d’articles de journaux. Elle pensait aussi que les Français sortant de l’occupation ne seraient pas réceptifs. Elle a dit dans sa radioscopie chez Jacques Chancel que parler des camps nazis à ce moment là, c’était comme pour un cancéreux de parler de sa douleur à une personne qui souffre d’un abcès dentaire.

Les deux premiers tomes sont parus en 1970 et le troisième en 1971. Aucun de nous ne reviendra raconte la vie dans un camp nazi avec toutes les souffrances et tortures. Le deuxième comporte beaucoup de poèmes. Son titre, la connaissance inutile, vient du fait que vivre dans un camp apporte une connaissance inutile dans une vie courante, banale.

Le troisième tome raconte le retour, comment les survivants ont pu ou non redevenir des vivants. On trouve l’explication du titre page 48 : « Le temps que l’on mesure n’est pas la mesure de nos jours, là-bas, si. »

Un texte inédit de 1971, paru en 2013 « Et toi, comment as-tu fait ? » est la forme théâtrale de ce livre. Charlotte témoigne sous le nom de Françoise, infirmière et son mari Georges devient Paul.

Son témoignage et celui de ses compagnes se succèdent et se mélangent, comme si elles n’étaient qu’une seule personne. Les thèmes abordés sont les traumatismes physique et psychique, la déception qu’après une longue guerre, des millions de morts, l’invention des camps d’extermination, le monde ne soit pas fondamentalement modifié. On peut citer aussi la difficulté de parler, de se faire comprendre, la grande solidarité entre elles, la trace indélébile de cette expérience, la mémoire et l’oubli.

Je vous cite Charlotte Delbo : « Certains ont dit que la déportation ne pouvait pas entrer dans la littérature, que c’était trop terrible, qu’on n’avait pas le droit d’y toucher ? Dire ça, c’est diminuer la littérature, je crois qu’elle est assez grande pour tout englober. Un écrivain doit écrire sur ce qui le touche. J’y suis allée, pourquoi n’aurais-je pas le droit d’écrire là-dessus ce que j’ai envie d’écrire ? Il n’y a pas de mots pour le dire. Eh bien vous n’avez qu’à en trouver ! Rien ne doit échapper au langage ».

En effet, elle n’explique rien, n’analyse rien. Elle ne fait pas de pathos, elle n’étale pas ses sentiments, mais elle arrive à nous faire éprouver, ressentir. Elle veut que les gens sachent, à défaut de comprendre.

Micheline

Le boulevard périphérique d’Henry Baucau

Ce roman est publié par Bauchau alors qu’il a 95 ans. Mais il avait commencé à écrire sur la mort de son ami Stéphane dans les années 44-45, à l’âge de 31 ! Plus de 60 ans après, il a finalisé ce roman, qui est fait de 2 récits superposés. La belle-fille du narrateur, Paule, est atteinte d’un cancer en phase terminale. Pour lui rendre visite, celui-ci est contraint d’emprunter le boulevard périphérique. Coincé dans les embouteillages, au milieu du trafic, il repense obsessionnellement à un ami résistant, Stéphane, avec lequel il pratiquait l’escalade dans les années 40, et qui est mort assassiné par les nazis, dans des circonstances demeurées obscures. Le roman déroule parallèlement la lente agonie de Paule et l’enquête fiévreuse menée par le narrateur, qui traque dans sa mémoire profonde, en les inventant au besoin, des lambeaux de l’histoire de Stéphane. C’est à la fois un livre sur le deuil, un récit initiatique, une fable, un témoignage. Les thèmes abordés sont la mort, le deuil, le sens de l’existence, la question de l’engagement, les dangers de l’idéal, le poids de l’erreur, l’amour et l’amitié, les liens, les déchirures. Pour ce qui concerne les liens familiaux, on peut remarquer : *la relation entre Paule et sa mère, qui devient la figure tutélaire de la mère ; *la relation entre le narrateur et son fils Mikha, le père éprouvant le poids de sa vieillesse et de ses difficultés financières ; *la relation entre le narrateur et son petit fils, Win, la complicité entre eux, fugitive, mais réelle. Pour ce qui concerne la 2° guerre mondiale, on peut suivre dans le roman l’incarnation du mal qu’est Shadow.  On voit comment Stéphane arrive à le fasciner et à le déstabiliser.

Ce qui m’a beaucoup intéressée aussi, c’est tout ce qui touche au zen, à travers le tir à l’arc de Shadow, le saut de Stéphane dans sa cellule et son plongeon mortel.

Ce qui me plait le plus depuis que j’ai découvert Bauchau avec Œdipe sur la route, c’est sa langue, travaillée, ciselée et simple en même temps, limpide. Je veux donc lire un passage du roman. J’avais choisi la scène où les prisonniers belges sont embarqués pour le STO, avec la confrontation entre les nazezis et les femmes, puis les hommes, et le rôle du vieux général allemand. Mais il est trop long. J’ai donc choisi l’affrontement de Shadow avec son père et le saut de Stéphane dans sa cellule.

Si vous avez envie de mieux connaître Henry Bauchau, le livre de Myriam Watthee Delmotte : Henry Bauchau, sous l’éclat de la sibylle permet une approche excellente.

M. Niane

  • Un été sans hommes – les larmes de croccodile

Ce mois-ci nous avions deux livres à discuter : Un été sans hommes, un roman par Siri Hustvedt, publié en 2011, et Les larmes du crocodile, une nouvelle par Antonia Susan Byatt dans la collection Elementals : histoires de feu et de glace, sortie en 1998. Nous pensions qu’il serait intéressant de les comparer puisque les deux textes sont écrits par des femmes et qu’ils traitent le même sujet : une femme en situation de crise dans sa vie personnelle. Bien que les thèmes soient douloureux : la perte d’un proche et la rupture d’un mariage, les deux écrivains ont une touche légère, les livres sont parfois drôles, et leurs conclusions sont positives.

En général, Les larmes du crocodile n’a pas beaucoup impressionné notre groupe. Certains aimaient le portrait de Nîmes, tandis que d’autres pensaient que les descriptions de la ville n’étaient pas du tout réalistes, mais le reflet de l’état intérieur du personnage principal.

Un été sans hommes n’était pas très apprécié non plus. Pas sans intérêt, mais trop construit avec ses quatre narrations, et sans profondeur. Celles qui l’aimaient le trouvaient original, drôle et intéressant.

Même si les livres choisis n’ont pas plu à tout le monde, ils servaient pour certains membres de notre club de lecture comme introduction à l’œuvre de ces deux écrivains importants.

  • Claude Pujade-Renaud : Dans l’ombre de la lumière.

Le sujet est pris dans les Confessions de Saint-Augustin. Néanmoins le livre sort de la légende et fait de la femme sans nom des Confessions, la narratrice de sa propre histoire… et du même coup de l’histoire de son homme !

La concubine  répudiée est restée l’amante fidèle. Elle  vibre au souvenir du passé. Bien que  dans l’ombre  du grand homme,  elle  irradie la lumière de son amour toujours intact, de sa générosité sans faille

  • Autour de Marc Bernard


La séance d’octobre a été consacrée, de façon un peu inhabituelle, non pas à un seul livre ; mais  à l’ensemble de l’œuvre de Marc Bernard à l’occasion du 30ème anniversaire de sa mort. Après une présentation rapide de la vie de Marc Bernard qui a permis de situer les œuvres dans l’itinéraire personnel, intellectuel et sentimental de Marc Bernard, la discussion a porté  d’abord sur l’écrivain comme témoin de la réalité nîmoise  notamment des lieux qu’il a fréquentés de façon privilégiée. Elle  a porté ensuite sur divers aspects de son œuvre, la description  émouvante d’une enfance marquée par le deuil, la misère, le travail (Pareils à des enfants), la vision sans complaisance et même satirique de la bourgeoisie nîmoise (Les marionnettes), le sentiment de la nature dont Marc Bernard est imprégné, que ce soit  la nature des environs de Nîmes ou celle de Majorque, enfin le tournant marqué dans la vie de Marc Bernard par la mort de sa compagne Else, perte qui entraîne un changement  très profond dans  sa création littéraire (La mort de la bien aimée, Au-delà de l’absence). On a souligné aussi l’intérêt de ses premières œuvres, notamment Anny , de ses nouvelles, récits  et reportages (Sarcellopolis). Au total une séance très riche, marquée par une intervention très fournie des membres du Club

  • Michel del Castillo

Michel del Castillo a publié en 1999 un essai biographique sur Colette et son époque : « Colette , une certaine France »;  nous avons consacré la séance d’octobre à cet essai. L’auteur ne prétend pas écrire une biographie exhaustive (beaucoup ont été écrites et il s’y réfère fréquemment) Il a découvert Colette en arrivant en France après une enfance tragique et il a été séduit par son écriture. Par ailleurs il a noué une amitié avec Colette de Jouvenel, la fille de Colette. Avec Castillo nous avons essayé de percer  les personnalités diverses de Colette. Il ya un monde entre le personnage-image que Colette a créé elle-même et la réalité . Est- elle la semi paysanne amoureuse de la nature et enfant chérie d’une mère idéale ? Est-elle le personnage scandaleux  qui créa les « Claudine » et dansa a moitié nue ou la femme qui a parcouru la France en faisant de très sérieuses conférences? Est-elle la femme victime de la vilénie de son premier mari et des hommes en général ou bien une calculatrice qui sut utiliser ses différentes liaisons ? Est-elle l’auteur qui a produit des chef d’œuvres tels que « le Blé en Herbe » ou  « la Naissance du Jour » ou bien la femme qui règle,  pas toujours élégamment,  ses comptes dans ses romans ? Toutes ces contradictions et beaucoup d’autres encore ont fait l’objet de notre débat animé ; pour certains d’entre nous Colette restera « la Bonne Dame du Palais royal », pour d’autres l’ambiguité de sa personne domine le reste

Pour l’œuvre de Colette, est-elle encore d’actualité, comme le pensent certains ? ou est-elle tellement ancrée dans la France de la première moitié du XXème qu’elle est totalement décalée dans le monde moderne. ? Nous n’avons, bien sûr, pas apporté de réponses à toutes ces questions;

  • Aragon : Aurélien

R.Huard précise d’abord les raisons qui lui ont fait proposer un roman d’Aragon pour le club lecture ( notamment la proximité du 30 ème anniversaire du décès d’Aragon) et précisément Aurélien non pas parce que ce roman serait « représentatif » de l’œuvre romanesque d’Aragon, qui a au contraire constamment évolué, mais plutôt du fait de l’attention exceptionnelle dont Aurélien a bénéficié de la part des spécialistes d’histoire littéraire et de la durable popularité de ce roman chez les lecteurs. Il rappelle rapidement la vie d’Aragon jusqu’à 1940, date à partir de laquelle, après la défaite et au cours d’une vie errante, il écrit jusqu’en 1942 Aurélien, en même temps qu’il produit une œuvre poétique qui le classera aux premiers rangs parmi les poètes de la Résistance. L’ouvrage ne peut paraître qu’en 1945 et la réception est assez tiède. R.Huard indique ensuite quelques pistes pour la compréhension d’Aurélien : lien avec les volumes antérieurs de la série du « Monde réel » notamment les Beaux Quartiers, grandes lignes de la construction, personnages réels, qui ont servi à l’auteur de « pilotis »  (Drieu La Rochelle au premier chef). Il souligne que le livre s’il présente avec brio les années folles de l’après guerre, est plus profondément, imprégné par l’expérience  et les traces de la guerre de 1914-1918.    Il caractérise ensuite les principaux personnages Aurélien, Bérénice, Blanchette, Edmond, Paul Denis et termine sur la diversité du style d’Aragon au sein même du roman. Si la plupart des intervenantes dans la discussion ont dit avoir été séduites par le roman, celui-ci en a déconcerté deux qui n’ont pu l’achever. La discussion a porté en priorité sur les principaux personnages ; Aurélien et Bérénice. On s’est interrogé sur la cohérence de ce dernier personnage très contradictoire, sur la vraisemblance d’une réelle retrouvaille affective entre Aurélien et Bérénice en 1940.La qualité de l’écriture a été soulignée. Des informations ont été données sur « l’inconnue de la Seine », thème littéraire caractéristique de l’époque.

  • « Pour un oui ou our un non » de Nathalie Sarraute
  • Pour le premier club lecture de la saison, nous avons voulu innover en laissant de côté, pour une fois, la lecture d’un roman, d’ue nouvelle ou d’un récit et en abordant un texte de théâtre de Natjalie Sarraute « Pour un oui ou pour un non ». Nous avons voulu innover en invitant le comédien et directeur de la compagnie Théâtre 7, Michel Boy, bien connu des Nîmois, venir nous lire, mettant en voix, rendre vivant en somme ce texte de théâtre qui s’est avéré subtil sous sa trompeuse simplicité.
  • Michel Boy a commencé par nous présenter brièvement sa façon d’aborder cette pièce qu’il avait précédemment mis en scène en accord avec Nathalie Sarraute elle-même.`Le différend qui oppose H1 à H2, deux amis, et qui se transforme rapidement en un face à face tragique, se devait de reposer sur une mise en scène très sobre ; elle était alors découpée en 13 moments et seulement accompagnés musicalement par une contrebasse ; cette sobriété permettait de supprimer tout obstacle qui était censé éloigner le spectateur, d’après Michel Boy, de la violence physique qui est au cœur de la pièce et qui doit se dégager de la mise en scène elle-même.
    Après la lecture par Michel Boy d’une partie du texte et la fin étant omise volontairement pour ménager le suspens, la discussion qui s’en ait suivie a permis de montrer tout l’intérêt que ce moment de théâtre vivent a suscité chez nos adhérents et ce sous la forme de trois questionnements
    > à propos de la mise en scène
    > à propos des images qui apparaissent dans le texte
    > à propos des silences
    A propos de la mise en scène; des questions ont été posées concernant la difficulté pour l’acteur d’interpréter H1 de H2 alors que les deux amis sont interchangeables dans leur volonté de dominer l’autre et que le pouvoir change en permanence de camp tout au long de la pièce. D’autre part des questions ont été posées, concernant le rôle joué par les images à l’intérieur du texte de Nathalie Sarraute — jardin, enfant, Barre des Ecrins — et qui semblent d’après Michel Boy, vouloir non seulement rendre l’imaginaire concret mais surtout assommer psychologiquement l’adversaire.
    Enfin et plus techniquement, de nombreuses remarques ou des questions ont été formulées sur le rôle joué par les copieux silences introduits dans la mise en voix de cette pièce de théâtre et qui font partie de la mise en scène elle aussi ; ils permettent de se libérer de la dictature du texte et de laisser ainsi le spectateur, sans intermédiaire, seul face à la pièce.

 

 

 

 

* contenu manquant

* contenu manquant