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Conférences

table ronde1 du jeudi 4 mai 2017 à 18H Bibliothèque Carré d’art

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n-peyrebonneLe vendredi 18 novembre 2016, à Carré d’Art, conférence de Nathalie Peyrebonne, professeur chercheur, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3 Lire Cervantes aujourd’hui : Nouvelles exemplaires, Don Quichotte, lectures croisées.
C’est à la fin de sa vie que Cervantes publie les œuvres qui, par la suite, assureront sa postérité. Les Nouvelles exemplaires s’intercalent entre la première et la deuxième partie du Don Quichotte, comme d’ailleurs la mystérieuse deuxième partie apocryphe du roman, écrite par un inconnu et que Cervantes ne manquera pas d’épingler sévèrement dans son propre texte. Tous ces écrits, pourtant de nature différente, se croisent, de par leur conception, leurs thèmes, leur construction. En faire aujourd’hui une lecture croisée peut s’avérer fascinant : à la folie d’un don Quichotte répond ainsi celle du Licencié de verre des Nouvelles, et voilà par exemple un thème à dérouler pour tenter de comprendre un peu mieux une époque, une écriture, une perception de la vie. Pour, également, éclairer le monde actuel autrement, car « Les classiques nous servent à comprendre qui nous sommes et où nous en sommes arrivés. », pour reprendre les mots Calvino. Nous verrons que l’univers de Cervantes en offre une belle confirmation.
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Une journée consacrée à Bazille le 20 septembre 2016: Dans la matinée Claude Marie a parlé du peintre, de son environnement, de son époque et l’après midi  au musée Fabre visite guidée de l’exposition consacrée à Bazille.

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nelciaLe mardi 12 avril 2016 Nelcya Delanoë, historienne, a fait une conférence sur les romans de Michel Houellebecq, Soumission et de Boualem Sansal 2084, La fin du monde. Michel Houellebecq et Boualem Sansal ont écrit la même année un roman de politique-fiction, celui de la fin  de la démocratie et de l’Etat-nation.

À la fin de l’année 2015, la France et quelques autres États-soumissionnations sont en guerre, en Syrie et en Irak en particulier, contre les djihadistes de Daëch et de diverses autres obédiences. En cette même année 2015, deux romans de science-fiction paraissent qui s’inscrivent au cœur de cette histoire, manière affaires intérieures et non plus affaires étrangères. Il s’agit de l’irrésistible ascension électorale de l’islamisme de France pour l’un, de l’islamisme totalitaire et mondial pour l’autre.
Dans le cas de Soumission de Michel Houellebecq, on assiste au triomphe d’un islam français dans la France de 2022 et, avec lui, à la fin d’un monde, celui de la démocratie et de la république laïque actuels.
Dans l’autre cas, 2084, de Boualem Sansal -Grand prix de l’Académie Française en novembre 2015-, c’est le triomphe planétaire d’un islamisme totalitaire et c’est La fin du monde, sous-titre du livre.
Mon propos est ici d’analyser, au-delà de l’œuvre littéraire, la vision que ces deux auteurs se font de l’Histoire en question : une manière de populisme chic qui annonce la fin des états-nations, de la démocratie et de toute résistance à ce processus proclamé terminal. C’est l’Histoire d’un monde, ou du monde, à travers soit un microcosme soit un macrocosme et placés l’un et l’autre hors contexte voire hors sol, et hors causalité. En somme, l’Histoire … dés-historicisée et fermée. Pourquoi

Nelcya DELANOË, ethno-historienne et Docteur d’État, est désormais Professeure émérite des Universités, Université Paris-Ouest/La Défense. Elle est aussi chercheur, traductrice, écrivain. Elle est née au Maroc, pays avec lequel elle garde de nombreuses et importantes relations. Elle y a enseigné, ainsi qu’aux Etats-Unis, au Viêt-Nam et au Cambodge. Elle a écrit de nombreux livres ayant trait à la fois à l’histoire coloniale et post coloniale, ainsi qu’à son métier d’historienne et d’enseignante. La Faute à Voltaire, Seuil, 1972, analyse la vie d’un lycée parisien en plein mouvement lycéen ; a obtenu à l’époque le Prix des Journalistes universitaires, En 1998, Nanterre-la-Folie, complexe universitaire, paru au Seuil, poursuit cette réflexion en scrutant le monde universitaire.

La publication de L’Entaille rouge, terres indiennes et démocratie américaine, 1776-1980, (Paris, Maspéro, 1982, ré-édité dans une version enrichie et complétée en 1996 2000 chez Albin Michel ) est devenu un ouvrage de référence.

La Femme de Mazaga, publié chez, Seghers en 1989, est la biographie d’une grand-mère médecin et chercheur en poste au Maroc au début du XXe siècle avec son mari, médecin pasteurien et a contribué à renouveler les études postcoloniales de l’histoire du Maroc

Le Raspail Vert, l’American Center à Paris, histoire des avant-gardes franco-américaines, 1930-1986, préface de William Burroughs, publié chez Seghers/Laffont en 1994 aborde le monde franco-américain de Paris, des années de la guerre froide aux années 2000

Avec Poussières d’empires, (Presses Universitaires de France/Éditions Tarik, Casablanca, 2002), c’est l’histoire des guerres coloniales françaises en Indochine, et des troupes coloniales dans l’armée française, marocaines particulièrement,, y compris de leurs déserteurs, qui est étudiée pour la première fois

D’une petite rafle provençale…, publié au Paris au Seuil, en 2013, est le récit de deux rafles exécutées en 1942 et 1943 à Villeneuve lez Avignon, et avec ce microsome, l’histoire de la France en Zone dite libre

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  • Une conférence sur Charlotte Delbo a lieu le 15 octobre. La conférencière, Violaine Gelly, est l’auteur d’une biographie écrite en collaboration avec Paul Gradvohl : « Charlotte Delbo » disponible chez fayard (et en livre électronique)

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violaine gellyV. Gelly

 

 

 

 

Le succès de l’émouvante conférence de Violaine Gelly sur Charlotte Delbo (15 octobre)

En proposant une conférence sur Charlotte Delbo, notre association visait à mieux faire connaitre une femme exemplaire à l’itinéraire singulier, en même temps qu’une œuvre qui, partant du témoignage, s’élève à la plus haute qualité littéraire. Cette initiative a été couronnée de succès puisqu’elle s’est déroulée devant un public nombreux et surtout varié, comprenant entre autres assistants, à la fois des résistant(es) et une ancienne déportée mais aussi des lycéenn(e)s ou étudiant(e)s. Violaine Gelly , journaliste, auteur d’une biographie sur Charlotte Delbo (Fayard 2012), qui lui a demandé de nombreuses années de travail et d’importantes recherches, a présenté avec simplicité et efficacité le parcours de cette jeunes femme issue d’un milieu très modeste d’immigrés italiens, mais rencontrant dès sa jeunesse des intellectuels engagés comme le philosophe Henri Lefebvre , devenue ensuite secrétaire de Louis Jouvet, prestigieux metteur en scène de l’avant –guerre, engagée politiquement aux côtés de son compagnon Georges Dudach un employé de banque communiste qui sera un résistant de la première heure fusillé par les Allemands en 1942. Revenue d’Amérique du Sud où Jouvet était en tournée, pour participer à la résistance, C.Delbo est arrêtée en 1943 et connaît alors comme d’autres militantes déportées (Danielle Casanova, Marie Claude Vaillant -Couturier, Geneviève de Gaulle- Anthonioz, l’enfer de la déportation à Auschwitz-Birkenau et Ravensbrück.V.Gelly a su retracer les souffrances inouïes de ces femmes, mais en même temps leur héroïsme quotidien puisqu’elles conservaient au sein du camp une remarquable vie intellectuelle. Revenue très affaiblie, C.Delbo devra d’abord se soigner et sera ensuite employée dans des organisations internationales, puis dans le secteur universitaire. C’est tardivement qu’elle entreprend de retracer l’histoire de ses compagnes déportées dans quelques livres majeurs qui transcendent le témoignage par leur qualité littéraire et notamment sa trilogie, Aucun de nous ne reviendra (1965),Une connaissance inutile (1970), Mesure de nos jours ( 1971)   Arrivant un peu tard au moment où on assistait à un retournement de la conjoncture idéologique visant à amoindrir l’apport de la résistance, l’oeuvre n’a sans doute pas connu immédiatement le succès qu’elle méritait. On la redécouvre aujourd’hui à un moment où il n’a jamais été aussi important de ranimer cet esprit de résistance qui à un moment décisif a fait la grandeur de notre pays.

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Le mercredi 25 mars 2015, salle de conférences, Carré d’Art à 18H Génocide arménien au miroir de la littérature, présentée par Marie Thérèse Rochmann, professeur à l’Université de Montpellier (Paul Valéry). La persécution des Arméniens de l’Empire ottoman qui a commencé dès les années 1890, culmine avec l’effroyable génocide opéré en  1915 et 1916. Longtemps occulté, même chez les historiens de la guerre de 1914-1918, celui-ci a donné lieu plus récemment à une abondante littérature  historique ou romanesque.

Bibliographie proposée par Marie Thérèse Rochman

I Aspects historiques

  • Carzou Jean-Marie, Arménie 1915. Un génocide exemplaire, Paris, Calmann-Lévy, 2006 (1ère édition, 1975), 330 p.
  • Chaliand Gérard et Yves Ternon, 1915, Le Génocide des Arméniens, Bruxelles, Complexe, 2002 (1ère édition 1980), 218 p.
  •  Kévorkian R.H. et Yves Ternon, Mémorial du génocide des Arméniens, Paris, Seuil, 2014, 510 p.

II Romans, récits, autobiographies d’auteurs français

  •  Arsand Daniel, Un certain mois d’avril à Adana, roman, Paris, Flammarion, 2011.
  •  Carzou Louis, La huitième colline, Paris, Liana Levi, 2006.
  •  Chaliand Gérard, Mémoire de ma mémoire, récit, Une saga arménienne, Paris, Julliard, 2003.
  •  Der Alexanian Jacques, Arménie, Arménies, Tome 1 Le Ciel était noir sur l’Euphrate, 1900-1922, Paris, Robert Laffont, 1988.
  •  Donikian Guy, Anahide, une mémoire arménienne, Paris, l’Harmattan, 2010.
  •  Gardon Victor, Le Vert Soleil de la vie, 1959 ; Le Chevalier à l’émeraude, 1961,   L’Apocalypse, 1970, réunis dans Le Vanetsi, Une enfance arménienne, roman, Paris, Stock, 2008.
  •  Injarabian Papken, La Solitude des massacres, Paris, Garnier, 1980.
  •  Katcha Vahé, Un poignard dans ce jardin, La saga des Arméniens, Paris, Presses de la cité, 1981.
  •  Kéhayan Jean, L’Apatrie, Marseille , Editions Parenthèses, 2000.
  •  Shart Raffy, Les Enfants de l’oubli, roman, Paris, Le Cherche-midi, 2012.
  •  Sinoué Gilbert, Erevan, Paris, Editions Flammarion, 2009.

III Auteurs étrangers traduits en français

  •  Arslan Antonia, Il était une fois en Arménie (récit)  republié sous le titre Le Mas des alouettes, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Paris, Robert Laffont, 2006 (2004).
  •  Hilsenrath Edgar, Le Conte de la pensée dernière, roman, traduit de l’allemand par Bernard Kreiss, Paris, Albin Michel, biblio 2007 (1989).
  •  Kherdian David, Loin de chez moi, traduit de l’américain par Laurence Lenglet, Paris, Medium poche, 1990, (1988).
  •  Werfel Franz, Les quarante jours du Musa Dagh, trad. de l’allemand par Paul Hofer-Bury, Paris, Albin Michel, 1986 (1933).
  •  Zeytountsian Perdj, 1915… Les dernières laudes, Roman, première partie, traduit de l’arménien par Hratch Bedrossian, La Ferté-sous-Jouarre, Le Cercle d’Ecrits Caucasiens, 1998, (1990).

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Une conférence de Raymond Huard  le  mercredi 12 novembre 2014

Situé  très loin du Front , le Gard  n’avait pas à craindre d’être envahi. Les raymondvilles du Gard ont pourtant été affectées  par le conflit et ont  apporté une contribution substantielle à l’effort de guerre. C’est ce qu’a montré  le 19 novembre, Raymond Huard, professeur émérite à l’Université P.Valéry ,de Montpellier, devant une nombreuse assistance en s’attachant particulièrement à un panel de cinq villes, Nîmes, Alès et le bassin minier, Sommières, Uzès, Saint–Hippolyte du Fort. Raymond Huard a retracé l’ampleur des mouvements de population qu’a connus le département pendant la guerre (arrivée des blessés, des réfugiés, apport de main d’œuvre étrangère, passage de troupes de toutes origines) la progression de la production industrielle gardoise dans de nombreux domaines (charbon, métallurgie, industries mécaniques chimie), la pénurie de nombreux produits surtout alimentaires à la fin de 1917 et au début de 1918. La guerre a lourdement pesé sur les finances des villes.  R.Huard a retracé l’évolution de l’opinion, malgré le poids de la censure et la propagande patriotique, de la résignation initiale à des attitudes plus contestataires (grèves industrielles et minières de 1917 et 1918). L’armistice a été accueilli avec enthousiasme. Mais l’ampleur des pertes humaines (13867 morts dans le Gard, mais proportionnellement un peu moins dans les villes) explique que le souvenir des victimes ait été entretenu par la construction de très nombreux monuments aux morts, parfois imposants (Nîmes, La Grand Combe, Pont Saint Esprit.)

foule

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> Le mardi 30 septembre 2014 de 18H à 20H, à Carré d’Art Bibliothèque, salle de conférence (-1), une  table ronde avec la participation de la bilbiothèque sur le thème Lire autrement : comment passe-t-on de la lecture « visuelle » à l’audio-lecture ?

La table ronde a été animée par Arielle Dumas, membre de l’Association pour la recherche sur la rétinite pigmentaire (IRRP).ave Martine Villard, chargée de communication, relations ext&rieures, FAAF Gard Lozère, Antoinette Grolleau, audio-lectrice, Anne Bouchot, Marianne Perrey, bibliothécaires Médiathèque Marc Bernard.

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Les 10 ans du Prix Hemingway

L’Association des Usagers de Carré d’Art, en collaboration avec la Bibliothèque Carré d’Art invite : les Avocats du Diable

Le jeudi 15 mai 2014 à 18 H – salle de conférence Carré d’Art,

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Diderot , l’Encyclopédie et les Sciences, une conférence de Simone Mazauric, professeur émérite à l’Université de Lorraine, le 16 janvier 2014.

Le tricentenaire de Denis Diderot né le 5 octobre 1713 a été trop peu célébré à l’échelle nationale alors pourtant que l’originalité, la profondeur de sa pensée et la diversité de son œuvre sont de mieux en mieux reconnues. L’Association des usagers de Carré d’Art se devait de participer à cet anniversaire et a choisi de traiter avec Simone Mazauric, spécialiste d’histoire et de philosophie des sciences, d’un aspect essentiel de l’activité de Diderot, la préparation de l’Encyclopédie et aussi son intérêt pour les sciences. La parution de ce Dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers s’étala sur vingt ans de 1751 à 1772, et  fut contrariée par toutes sortes d’obstacles, notamment de la part des autorités. Elle mobilisa plus de 150 collaborateurs parfois célèbres (d’Alembert, qui rédigea le Discours préliminaire, Rousseau, Montesquieu, Buffon, le docteur Tronchin), parfois obscurs. Avec ses 11 volumes de textes et 17 volumes de planches couvrant de nombreuses activités manufacturières ou agricoles, L’Encyclopédie, beaucoup plus considérable que le projet initial  inspiré d’un exemple anglais,  donna un tableau sans précédent de la pensée, de la science et des « arts », c’est-à-dire des métiers, de l’époque. Ce fut aussi sur le plan financier une des plus grandes entreprises capitalistiques du XVIIIème siècle. Par son contenu, elle fut en outre  une machine de guerre contre les superstitions, le fanatisme, les dogmes, visant à contribuer au bonheur de l’humanité, et combattant l’ordre incarné par la monarchie d’Ancien régime avec cependant les prudences nécessaires pour éviter l’interdiction totale.

Par la diversité de ses centres d’intérêt, Diderot – ce fut le second aspect de la conférence de S.Mazauric – était tout désigné pour diriger cette entreprise car son intérêt pour la science de son temps dépasse la simple curiosité. Plutôt qu’à la physique mathématique, il s’est attaché en particulier à la chimie et aux sciences de la vie alors en plein devenir, dans un esprit matérialiste, car ce qu’il cherche dans ces sciences où dominent les actions et réactions, les affinités, c’est justement ce qui pourrait donner naissance à la vie et la pensée. Il a développé ses idées dans diverses œuvres, Pensées sur l’interprétation de la nature, Lettre sur les Aveugles, Rêve de d’Alembert et son matérialisme se distingue de celui plus mécaniste, d’autres penseurs de la même époque .

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Conférence donnée par Alain Artus à partir de son livre Marc Bernard Le goût de la vie, avec la participation de Christian Estèbe. le mercredi 16 octobre 2013

Compte-rendu de la conférence : Marc Bernard entre rêve et réalité

L’écrivain nîmois Marc Bernard est décédé à Nîmes dans une relative obscurité en novembre1983.Trente ans après sa mort, notre association a souhaité revenir sur l’ensemble de sa vie et de son œuvre et pour cela  a fait appel  à deux écrivains Christian Estèbe, auteur de  Petit exercice d’admiration.  Promenade avec Marc  Bernard (Finitude, 2007) et  Alain Artus,  auteur de Marc Bernard le goût de la vie (NPL, 2013). Devant une nombreuse assistance, ils ont, à deux voix alternées, retracé, avec des détails concrets et vivants,  une vie qui fut marquée par des orientations successives et parfois contradictoires, mais qui selon Alain Artus a été portée en permanence par un rêve, celui formulé dans sa jeunesse de sortir de la condition prolétarienne, de s’affirmer comme écrivain, de trouver le bonheur dans les joies de la vie. Une enfance de gamin des rues à Nîmes, orphelin dès 12 ans , contraint de travailler  à peu près au même âge, une formation d’autodidacte et après le service militaire en Allemagne, la montée à Paris, et l’intégration dans les milieux bouillonnants de l’après guerre (surréalisme, communisme, écrivains prolétariens), et aussi  les premiers livres, dont Anny qui obtient le prix interallié (1934). Mais Marc Bernard, s’il reste alors  de gauche, est trop individualiste pour demeurer dans un groupe ou un parti. A ce premier Marc Bernard succède en 1938 l’homme qui a rencontré la femme de sa vie, une intellectuelle juive autrichienne, Else Reichmann, et  qui après la défaite de 1940, ébranlé dans ses certitudes, se rallie momentanément au régime de Vichy. Le prix Goncourt, obtenu en 1942,  avec un récit de sa jeunesse, Pareils à des enfants est une consécration dans cette époque troublée, mais insuffisante pour lui apporter une réelle aisance. L’après guerre le verra poursuivre la saga nîmoise commencée dès 1939 avec les Exilés, continuée avec Une journée toute simple (1950) et Les Marionnettes (terminé en 1965), portrait sans concession de sa ville natale et de la bourgeoisie locale. Les moments d’évasion à Majorque  rapprochent Marc et Else de la nature dans une sorte de panthéisme. La mort d’Else en 1969 qui affecte très profondément l’homme et l’écrivain, ouvre une nouvelle étape de son existence et de sa production littéraire. Désormais, il vit dans le souvenir de son épouse et après avoir décrit ce moment tragique (La mort de la bien aimée (1972), il médite sur l’existence, la solitude, l’univers, Dieu  dont le malheur l’a rapproché. L’homme, sensuel, libertaire,  possédé par un profond amour de la vie, animé d’un esprit de revanche sociale, avec un aspect « macho du Sud » selon C. Estèbe,  appelle des jugements contrastés. Son œuvre, comme celle de beaucoup d’autres écrivains de la même période, peine aujourd’hui à survivre dans l’océan de la littérature, mais elle a une réelle valeur humaine et peut toucher tout particulièrement le public nîmois.

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Compte-rendu de la conférence de Raymond Hard, intitulée Naissance  de Carré d’Art 1983 à 1993 

Devant une assistanCe nombreuse et très intéressée, Raymond Huard a présenté le 29 mai, à partir de recherches d’archives, l’histoire de la création de Carré d’Art qui s’est étalée sur 20 ans. ain et aussi celle d’une grande bibliothèque moderne avaient déjà été avancées, avec même un commencement de mise en œuvre, avant l’élection de la municipalité Jean Bousquet, en mars 1983, c’est celui-ci qui non sans tâtonnements,  décida à partir d’octobre 1983 de réunir ces deux institutions  dans un même bâtiment situé sur le site de l’ancien théâtre ruiné par un incendie en 1952. Le concours d’architectes eut lieu en octobre1984 et aboutit au choix de Norman Foster parmi quatre candidats. C’était pour ce dernier la première construction en France. Le projet  de Foster ne se précisa que progressivement, en fonction  des exigences du ministère de la culture, et malgré les avis hostiles des commissions compétentes. Le terme de Carré d’Art apparut à la fin de 1984.  La question de la conservation ou non des colonnes de l’ancien théâtre suscita un vaste débat, couronné par une manifestation  d’opposants le 22 décembre 1986, débat qui   fut clos par la déposition de celles-ci à partir de décembre 1986. Le financement du nouvel édifice resta longtemps incertain et ce fut grâce à la victoire électorale de la droite au plan régional et national en 1986 que Jean Bousquet put bénéficier du minimum de subventions nécessaires pour la construction. Celle-ci fut  sérieusement affectée par l’inondation du 3 octobre 1988 qui obligea d’ailleurs à revoir les plans et accrut encore le coût élevé de l’édifice dont les Nîmois supportèrent la plus grande partie (72 %). L’inauguration du bâtiment et les expositions qui l’accompagnèrent, L’ivresse du Réel pour le Musée, Soleil Noir de François di Dio pour la bibliothèque furent globalement un succès. Les avis des spécialistes furent néanmoins mitigés, moins sur l’insertion de l’édifice dans le site jugée unanimement bien réussie, que sur le bâtiment lui-même dont on regretta l’excessive discrétion, voire la banalité. Les Nîmois adoptèrent très vite Carré d’Art qui, s’il n’était pas exempt de défauts, offrait de nombreuses possibilités nouvelles pour eux.
On trouvera l’ensemble de cette histoire et des débats qui l’accompagnèrent dans la brochure que l’association des Usagers de Carré d’art a publiée à cette occasion.

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